Restitution des biens culturels africains à leurs pays d’origine: La CEDEAO dotée désormais d’un outil juridique idoine

Cotonou (© 2019 Afriquinfos)-Une rencontre régionale destinée aux ministres en charge de la Culture des Etats membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenue ce 17 juillet 2019 à Cotonou (Benin) a conduit à l’adoption d’un Plan d’action régional 2019-2023 pour la restitution des biens culturels africains à leurs pays d’origine, de même que le document de Politique culturelle régionale avec son plan d’action.

Ce Plan d’action Régional pour le retour des biens culturels africains à leurs pays d’origine, est un document qui décline les axes stratégiques pour une intervention régionale et conjointe notamment dans les domaines de la protection, la valorisation, le cadre juridique, le financement et la gouvernance.

Il intègre également six (6) objectifs stratégiques et un certain nombre d’actions et d’activités.

La rencontre de Cotonou a également permis la validation du Document de Politique culturelle régionale avec son plan d’action, dont l’objectif est la promotion, la sauvegarde du patrimoine culturel régionale et le renforcement de la professionnalisation des acteurs et créateurs culturels.

Après la validation de ces 2 documents par les Responsables des Ministères en charge de la culture, leur adoption a été acceptée par le Conseil des ministres et la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de la CEDEAO.

Au cours de cette réunion, les ministres ont également été briefés sur les travaux relatifs au Prix d’Excellence de la CEDEAO. Ils ont aussi pris connaissance de l’état d’avancement des travaux liés à l’organisation du 1er festival de la Culture de l’Afrique de l’Ouest (ECOFEST), en ce qui concerne son format, son coût et le niveau de mobilisation des ressources.

Mécanisme de refuge des biens culturels

Aussi la rencontre a recommandé à la Commission de la CEDEAO la mise en place d’un mécanisme de refuge des biens culturels en danger dans un pays menacé vers un autre en vue de leur sauvegarde et restitution ultérieure à défaut de les placer dans un endroit plus sécurisé dans le pays ; de même qu’un dispositif régional de collecte des données statistiques sur la culture.

D’autres recommandations ont été également faites concernant le renforcement de l’efficacité du mécanisme régional de protection de la propriété intellectuelle, la mise en place d’institutions fortes de formation professionnelle qualifiante dans le secteur de la Culture, la dynamisation de la coopération et des partenariats entre les institutions culturelles et enfin l’accroissement du financement communautaire de la culture. Les Ministres des Etats membres de la CEDEAO ont également recommandé le renforcement de la place de la culture dans les politiques nationales de développement et la prise en compte des TIC dans les politiques culturelles afin d’intéresser davantage les jeunes à la question de la culture.

« Cette réunion se tient à un moment où le rôle de la culture pour le développement a été reconnu à l’échelle internationale, contribuant à hauteur de 7% du Produit National Brut mondial déjà avant 2002 et créant ainsi des emplois comparables à ceux des autres domaines stratégiques. Malheureusement cette attention tarde à se concrétiser sur notre continent », a laissé entendre  le Professeur Leopoldo AMADO, Commissaire en charge du Département Education, Science et Culture de la CEDEAO

La Commission de l’UEMOA qui était représentée à ladite réunion et le Bureau Régional de l’UNESCO ont loué la qualité des relations entre leurs institutions respectives et la CEDEAO, notamment en ce qui concerne les actions conjointes en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel africain en général et de celui de l’Afrique de l’Ouest en particulier.Innocente Nice