COUP D ETAT

Le pouvoir de Bangui affirme avoir déjoué une tentative de coup d'Etat jeudi à Bangui

YAOUNDE (Xinhua) - Attribuée aux miliciens anti- Balakas (anti-machettes) jugés proches de l'ancien régime de François Bozizé, une attaque de groupes armés contre des positions des ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) a causé des dizaines de morts et de blessés, annonce le commandant de la gendarmerie nationale, le colonel Michel Narkoyo, qui a dénoncé une tentative de coup d'Etat.
Jeudi 5 décembre 2013 | 19:07 UTC

"S'ils attaquent déjà la capitale, c'est pour prendre le pouvoir. Ça, c'est une tentative de coup d'Etat", a affirmé dans un entretien téléphonique jeudi en mi-journée à Xinhua cet ex- gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel au sein de la rébellion qui a chassé du pouvoir le 24 mars François Bozizé, lui-même tombeur du défunt chef de l'Etat Ange-Félix Patassé dix ans auparavant.

Munis d'armes de combat, les anti-Balakas, groupes d'autodéfense créés notamment du temps du président déchu pour lutter contre les coupeurs de route dans le Nord de la République centrafricaine (RCA), ont fait parler la poudre par une attaque généralisée dans la capitale jeudi au petit matin, aux environs de 3 h (2h GMT), à en croire le colonel Narkoyo.

Après plusieurs heures de combats acharnés ayant causé des dizaines de morts et de blessés, la situation est revenue au calme, soutient-il.

Mais, la population restée pour la plupart bloquée chez elle par peur de dégâts collatéraux, reste sous le choc de ce terrifiant épisode qui survient au moment du début d'opérationnalisation de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force multinationale sous mandat de l'Union africaine (UA) en vue de favoriser un retour à la paix et la sécurité dans ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale.   "Ce sont des petits enfants. Qu'est-ce qu'ils pouvaient faire ?", s'est vanté le patron de la gendarmerie nationale centrafricaine, ajoutant qu' "ils ont pu résister, maintenant nous contrôlons la ville à 100%". Il a fait état de nombreux cadavres sur les rues de la capitale.

Des sources indépendantes et humanitaires décrivent une situation très confuse, qui ne permet pas d'obtenir un bilan précis des combats. "C'est impossible de donner le nombre exact" des victimes, a confirmé le colonel Narkoyo, qui a toutefois estimé le nombre des assaillants à des milliers.

Le président par intérim Michel Djotodia, ex-leader de la Séléka, a réagi a annonçant l'instauration d'un couvre-feu à Bangui dès 18h00 (17h00 GMT)

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