Un des nombreux projets d'infrastructure entrepris depuis peu par le gouvernement camerounais en vue du développement économique du pays, ce barrage vise à aider, par une augmentation des capacités de production, à résorber le déficit énergétique qu' accuse le Cameroun avec à la clé des délestages permanents mal vécus par les populations, malgré ses atouts de deuxième bassin hydraulique d'Afrique.
A quelque 120 km au Nord de Bertoua, la principale ville de l' Est, cette infrastructure prévoit la construction jusqu'en juillet 2014, d'un barrage-réservoir de 6 milliards de mètres cubes d'eau, suivi deux ans plus tard d'une usine de pied de 30 MW, sur une superficie de 540 kilomètres carrés et 45 mètres de haut. Une ligne de 90 KV pour l'évacuation de l'énergie produite est aussi comprise.
De l'avis du directeur général d'Electricity Develoment Corporation (EDC, maître d'ouvrage), « la retenue de Lom Pangar augmentera le débit régularisé de la Sanaga à plus de 1.000 mètres cubes par seconde à l'amont de Song Loulou de façon à saturer son débit d'équipement et d'augmenter la production d'Edéa en période d'étiage, soit 160 MW produits par les deux ouvrages ».
Construites sur le fleuve Sanaga, le plus long du Cameroun, les centrales hydroélectriques d'Edéa et de Song Loulou près de la capitale économique camerounaise Douala sont aujourd'hui deux vieux ouvrages qui ne permettent plus de répondre aux besoins d' énergie électrique d'une population (20 millions d'habitants) sans cesse croissante.
Selon le ministre de l'Eau et de l'Energie Basile Atangana Kouna, le potentiel hydroélectrique de la Sanaga et ses affluents avoisine les 10.000 MW, soit plus de la moitié du potentiel national.
Grâce au barrage de Lom Pangar, « il sera possible non seulement de construire plusieurs centrales hydroélectriques en aval sur la Sanaga, mais aussi de réaliser des projets d' aménagement agricole et d'approvisionnement en eau potable », annonce le ministre de l'Economie, de la Planification et de l' Aménagement du territoire, Emmanuel Nganou Djoumessi.
Sur les 238 milliards de francs CFA de coût du projet, 59,6 milliards sont fournis par l'Etat camerounais, 66 milliards par la Banque mondiale, 33 milliards par la Banque africaine de développement (BAD), 20 milliards par la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC), 39,3 milliards par l' Agence française de développement (AFD) et 19,7 milliards par la Banque européenne d'investissement (BEI).
Le 15 juin, le président Biya avait déjà lancé la construction d'un autre barrage hydroélectrique à Memve'ele (Sud), financé en partie par la Chine qui, après le barrage de Lagdo (Nord), appuie aussi la construction d'une mini-centrale à Mékin, toujours au Sud.