INDEPENDANCE

Comment fêter ses 50 ans ?

BUJUMBURA (© 2012 Afriquinfos) - La commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’ancienne possession belge, le 1er juillet, suscite bien des interrogations. (Par Arnaud Arakaza)
Jeudi 1 mars 2012 | 11:00 UTC
Comment fêter ses 50 ans ?

Parade militaire lors de la fête de l'indépendance, l'an dernier.

Le Président de la République ne cesse de le redire dans ses nombreux discours :

« Construisez quelque chose qui puisse vous rappeler, bien des années plus tard, que vous avez vécu la date du 1er juillet 2012 ! » Alors, on s'active pour construire des écoles à Ruyigi, un immeuble pour le gouverneur à Ngozi, l'agence du Centenaire de la Banque de crédit du Burundi sur le Boulevard de l'Uprona (déjà opérationnelle depuis près de trois mois)...

Les cérémonies de célébration du cinquantenaire de l'Indépendance devraient coûter près de 2 milliards de Fbu, soit plus de 1,5 millions de dollars. C'est pourquoi le vice-président de la Commission de préparation de l'événement avait réuni, ce 23 février 2012, les plus grandes entreprises privées du pays pour les inviter à sortir leur chéquier.

Paradoxalement, les promesses les plus substantielles proviennent de la Belgique, l'ancienne puissance tutélaire, qui compte souligner l'importance que le Burundi revêt encore aux yeux d'un pays qui l'administra de 1919 à 1962 au nom d'un mandat de tutelle de la Société des Nations (qui deviendra plus tard les Nations unies). Ainsi, dès avril, c'est tout un symbole que la Belgique touchera en permettant l'inhumation, avec les hommages dus, du dernier roi du Burundi, Ntare V, assassiné dix ans après l'obtention de l'Indépendance, en 1972. Dans le même registre, on parle du rapatriement du corps du roi Mwambutsa IV, mort en exil à Genève après le coup d'état monarchique de 1966.

 L'ambassadeur de Belgique au Burundi indiquait à nos confrères d'Iwacu, fin 2010, prévoir trois scénarios de participation belge aux festivités de 2012 : « La première serait la mise en valeur de l'histoire avec, si les autorités burundaises le souhaitent, la création d'un Musée de l'histoire, à Bujumbura. Il serait alimenté, notamment, par des images tirées des archives coloniales et rétrocédées au Burundi. La deuxième option serait liée à l'infrastructure économique, avec la possibilité de voir si nous pouvons poser un geste spécial dans ce secteur. La troisième piste, c'est une initiative pour le futur ayant pour préoccupation la jeunesse. A moins que ça ne soit une combinaison des trois.» Depuis, la balle est dans le camp gouvernemental.

Côté privé, on retiendra trois initiatives, toutes dans l'art. En premier lieu, la publication d'une « anthologie de la langue française des écrivains burundais » en avril, un projet de Juvénal Ngorwanubusa, professeur en littérature à l'Université du Burundi. Deuxième projet : la sortie d'un recueil de témoignages et de récits rédigés par les membres du café-littéraire Samandari sur les 50 ans de l'Indépendance et complétés par les artistes plasticiens du collectif Maoni. Enfin, comment ne pas mentionner le concert prévu par l'Amicale des musiciens du Burundi le 1er juillet ?

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