© AFP/Archives Patrick Hertzog. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 23 octobre 2012 à Strasbourg.
"L'Union européenne est bel et bien engagée dans un appui sans faille à la réconciliation et au développement social et économique en Côte d'Ivoire", a lancé M. Barroso, arrivé mercredi soir, dans un discours prononcé à la plus grande université d'Abidjan.
L'UE a été l'un des plus solides soutiens de M. Ouattara durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, et reste le premier partenaire commercial de la Côte d'Ivoire.
Alors que la réconciliation patine et qu'une vague d'attaques armées, notamment à Abidjan, a fait brusquement monter la tension depuis août, M. Barroso a appelé à "un large et franc dialogue ouvrant la voie à une réelle réconciliation nationale".
La normalisation "ne peut passer que par la réconciliation, un dialogue démocratique inclusif, le rétablissement d'un véritable Etat de droit et la lutte contre l'impunité", a-t-il dit devant M. Ouattara, alors que la justice est l'une des principales ombres au tableau du régime ivoirien.
L'UE, a-t-il insisté, attend "avec beaucoup d'intérêt" les suites qu'aura le rapport rendu en août par une commission nationale d'enquête, imputant aux forces pro-Ouattara une partie des crimes commis pendant la crise.
Pour aider au dialogue et à l'apaisement, les élections régionales et municipales de février 2013 sont "une occasion à ne pas rater", a jugé aussi M. Barroso. Les partisans du président déchu Laurent Gbagbo, incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, avaient boycotté les législatives fin 2011.
Avec M. Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), M. Barroso a évoqué également la crise au Mali, dont le Nord est contrôlé depuis près de sept mois par des groupes islamistes armés, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Soutien au Mali
Saluant le rôle de la Cédéao dans ce dossier, le président de la Commission européenne a réaffirmé que l'UE est "déterminée à soutenir le Mali" à rétablir un gouvernement "pleinement souverain sur l'ensemble de son territoire".
L'UE est prête à aider le Mali à reprendre le contrôle du Nord en planifiant une mission d'entraînement de l'armée malienne, alors que se prépare une intervention armée de la Cédéao en soutien à Bamako, qui nécessitera l'aval de l'ONU et le soutien logistique de pays comme la France et les Etats-Unis.
Hasard du calendrier, pour la première fois depuis les attaques armées lancées en août en Côte d'Ivoire, le Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou a reçu jeudi à Abidjan les représentants de petits partis pro-Gbagbo.
La rencontre, "conviviale" selon un participant, a permis de lancer des réflexions sur les élections, la justice ou la sécurité. Mais l'absence du parti de l'ancien chef de l'Etat, le Front populaire ivoirien (FPI), qui exige un dialogue direct avec le pouvoir, en réduit nettement la portée.
Les dernières attaques ont été attribuées par le régime à des fidèles de l'ex-président Gbagbo, ce que l'opposition récuse. Elles ont été suivies d'arrestations de figures du camp Gbagbo, entraînant le plus fort regain de tension en un an et demi.
M. Barroso est attendu jeudi soir au Bénin, où il s'entretiendra avec le président Thomas Boni Yayi, qui préside actuellement l'Union africaine (UA), organisation qui a réintégré mercredi le Mali dans ses instances.