POLITIQUE ET HUMOUR

Adama Dahico : “Youssou Ndour est le prochain président du Sénégal”

ABIDJAN (© 2012 Afriquinfos) - L’humoriste ivoirien Adama Dahico a accueilli avec « fierté » l’annonce de la candidature du célèbre artiste sénégalais Youssou Ndour dans son pays. Lui qui a tenté le même type d’expérience en 2010 en Côte d’Ivoire face à des ténors comme Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo se dit « prêt » à mouiller son costume pour son collègue dakarois, dont il pronostique ni plus ni moins la victoire. Si, bien entendu, «les politiciens n’entreprennent pas des calculs arithmétiques et kilométriques», s’empresse-t-il d’ajouter dans ce phrasé couleur locale qui fait son succès en Côte d’Ivoire. Entretien. (Propos recueillis à Abidjan par David Youant)
Vendredi 6 janvier 2012 | 11:23 UTC
Adama Dahico : “Youssou Ndour est le prochain président du Sénégal”

© 2012 Afriquinfos. Adama Dahico est sérieux quand il parle de la politique.

Vous avez été l’un des premiers humoristes africains à avoir brigué un fauteuil présidentiel. Que vous inspire l’annonce de la candidature de Youssou Ndour au scrutin du 26 février dans son pays ?

 En ma qualité d’artiste africain, de citoyen libre-penseur, je salue et approuve sans réserve sa décision. J’en suis d’autant plus fier qu’en tant qu’artistes, nous sommes constamment en contact avec les populations. Par nos chansons et nos sketches, nous leur faisons comprendre que nous sommes au parfum et partageons leurs difficultés. Il est donc important que des artistes revendiquent des places là où les décisions se prennent, histoire d’apporter leurs contributions à l’amélioration de la situation des populations. La candidature de Youssou Ndour est donc une heureuse nouvelle qu’il convient de prendre au sérieux. Si j’avais le droit de voter au Sénégal, ma voix lui serait automatiquement acquise.

 Pensez-vous qu’il pourra faire le poids face à des professionnels comme le président sortant Abdoulaye Wade ?

 Il y a des mathématiques qu’il faut s’abstenir de faire dans une élection. Certains journalistes m’avaient posé la même question, à savoir si j’avais quelque chance de battre mes adversaires. Je leur ai répondu que l’essentiel se passait dans les urnes.

Si les politiciens n’entreprennent pas des calculs arithmétiques et kilométriques pour mélanger tout, Youssou Ndour est d’ores et déjà assuré d’être le prochain Président du Sénégal. C’est une hérésie de penser que les politiciens savent tout.

 Vous insinuez que seule une fraude massive pourrait empêcher Youssou Ndour d’être élu ?

 C’est cela ! Vous venez de résumer ma pensée. Sans entrer dans les détails, je n’ai pas été ridicule au premier tour de la présidentielle de 2010. Je connais mon vrai  score et ma vraie place dans l’ordre d’arrivée, mais je garde tout cela pour moi (ndlr : il a été officiellement classé 11e sur 14 candidats).

Youssou Ndour a beaucoup plus de moyens que moi. Il a une télé, une radio. Et il a la jeunesse sénégalaise avec lui. Il a donc des chances réelles de l’emporter. Par ailleurs, l’opposition et le parti au pouvoir s’entredéchirent.  Il n’est pas exclu qu’un candidat ayant un profil moins marqué, comme Youssou Ndour, vienne les coiffer au poteau.

 Admettons que votre pronostic soit le bon, pensez-vous que Youssou Ndour fera un bon chef d’Etat ?

 Je vais vous surprendre, mais il est plus difficile de gérer un orchestre qu’un pays ! Youssou Ndour gère tellement bien son orchestre que ses chansons sont toujours réussies et agréables à l’oreille. Il est de ce fait déjà qualifié pour être un bon chef d’orchestre à la tête d’un gouvernement et d’un pays. Et puis, il ne travaillera pas seul. Il s’entourera de techniciens et de personnes averties dans chaque domaine. Quand on est président de la République, on ne va pas chercher les compétences. Elles viennent tout naturellement à vous.

 Envisagez-vous de faire campagne pour Youssou Ndour ?

 Si la possibilité s’offre à moi de me rendre à Dakar pour participer à l’un des meetings de Youssou Ndour, je le ferai avec plaisir. Si son staff de campagne me fait appel, je n’hésiterai pas. Et même ici, en Côte d’Ivoire (où vit une forte communauté sénégalaise estimée à près d’un million de personnes, ndlr), je suis prêt à faire campagne pour lui.

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