INTEGRATION

CEEAC: le président Déby Itno prône une politique volontariste d'intégration

N'DJAMENA (Xinhua) - L'intégration demeure un impératif et la seule issue qui puisse permettre à l'Afrique centrale de s'arrimer à la mondialisation, a déclaré le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, en ouvrant dimanche soir le 15ème sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).
Lundi 16 janvier 2012 | 12:02 UTC

"Comment comprendre qu'une région aussi pourvue en richesses naturelles de toutes sortes, soit paradoxalement la zone où il y a la pauvreté et où l'industrialisation est totalement absente et la solidarité en manque grandement", s'est interrogé le leader tchadien devant ses pairs de l'Afrique centrale.

Le président Déby Itno a demandé à tous les pays de la CEEAC et à leurs dirigeants d'abandonner leurs égoïsmes et leurs nationalismes au profit d'une politique volontariste d'intégration qui puisse profiter aux populations, et pour que "l'Afrique centrale [ne] soit [pas] le dernier wagon du train d'émergence".

Des contraintes budgétaires constituent un véritable frein aux ambitions de la CEEAC. Lors de leur 13ème sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation ont déclaré que la contribution communautaire d'intégration était un préalable stratégique à la réalisation des objectifs de la communauté.

Malheureusement, le mécanisme de financement du processus d'intégration n'est toujours pas opérationnel dans la majorité des Etats. "Prenons aujourd' hui l'engagement solennel de rendre ce mécanisme effectif cette année, car nous n'avons pas le droit de décevoir nos populations", a déclaré le chef de l'Etat tchadien.

Le président Déby Itno a exhorté ses pairs de la sous-région à se "donner des moyens nécessaires dès ce sommet pour mettre en œuvre, de manière hardie, des réformes profondes afin de revitaliser et transformer [leur] communauté en un espace économique et social viable et internationalement compétitif" .

Créée par un traité signé en octobre 1983 à Libreville (Gabon) mais entré en vigueur au mois de décembre 1984, la CEEAC regroupe dix Etats membres: Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RDCongo, Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé et Principe ainsi que Tchad.

Cinq chefs d'Etat (sur dix annoncés) étaient présents à N'Djaména: le Centrafricain François Bozizé, l'Equato-guinéen Obiang Nguéma Mbasogo, le Burundais Pierre Ngurunziza et le Congolais Denis Sassou Nguesso. L'Angola s'y est fait représenter par son vice-président, Fernando da Piedad; Sao Tomé et Principe par son chef de gouvernement, Patrice Emery Trovoada; le Cameroun par son vice-Premier ministre, Amadou Ali; la RDCongo par son ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda N'Tungamulongo; et le Gabon par le président de son Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama.

Etaient également présents au dernier sommet de la CEEAC Jean Ping, président de la Commission de l'Union Africaine, et Abou Moussa, Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU et chef du Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale (UNOCA).

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