Situé cette année, pour Brazzaville, dans le 4ème arrondissement, entre le rond point Moungali et le siège de la commune, la 4ème édition de Kersivac qui se tient du 30 août au 10 septembre, de 14H00 à 18H00 locales, draine des centaines des jeunes désireux de tout savoir sur la pandémie du Sida, des infections sexuellement transmissible et de la sexualité (IST).
"Je m'ennuyais à la maison et comme j'ai vu beaucoup de gens par ici, je suis venu pour jouer jeux et chercher à savoir plus sur le Sida", explique Marthely, un jeune garçon de 17 ans.
Très enthousiaste, les jeunes qui arrivent tantôt par groupe où de façon individuelle se montrent curieux et cherchent à comprendre sur le Sida, les IST et même le dépistage.
"Je voulais savoir si je fais le dépistage on me donnera de capote gratuite", s'interroge Rhodie, une jeune fille d'environ 16 ans.
Capote à mains, Marthely qui a pu faire son test de dépistage volontaire grâce à Kersivac, jure de ne plus se passer du préservatif.
"Avant je n'utilisais pas le préservatif parce que je le trouvait encombrant. A présent, après les enseignements reçus, plus de rapport sexuel non protégé", jure le jeune homme invitant les autres à visiter la Kermesse.
Organisées par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) en partenariat avec le ministre de l'éducation morale et de a jeunesse, la Keservic qui se tient aussi dans plusieurs autres villes du Congo, soit 14 villes ciblées pour cette année, vise à occuper les jeunes en leur offrant des loisirs sains en cette période de vacances jugée "critique pour les jeunes" à cause de l' oisiveté.
"Du fait de l'oisiveté et de l'absence de distractions saines, il n'est, en effet, pas rare, à la rentrée des classes, de constater des grossesses non désirées chez les jeunes filles et des infections sexuellement transmissibles chez les élèves. Cela témoigne de la non-utilisation des moyens de contraception ainsi que des rapports sexuels non protégés", a indiquée la secrétaire générale du CNLS, Marie Francke Puruehnce.
"Nous proposons des préservatifs aux jeunes tout en faisant des démonstrations afin de leur apprendre son utilité et comment s'en servir. L'intérêt d'éviter des grossesses non désirées, car nombre des jeunes filles ne savent pas calculer les cycles menstruels", a expliqué Nadège Bassarila, responsable de distribution des préservatifs dans le département de Brazzaville.
Considérée par le CNLS comme une réponse spécifique à la vulnérabilité des jeunes de 15 à 24 ans la Kersivac est un lieu sans tabac ni alcool qui offre aux jeunes (filles et garçons) une occasion de se rencontrer, de discuter sainement et de renforcer leur compétence de gestion des risques liés au Vih/Sida et aux infections sexuellement transmissibles.
Avec des espaces spécifiques pour l'éducation et la sensibilisation des jeunes, la Kersivac est aussi un lieu de divertissement où l'on trouve des divers jeux.
"Ici, les jeunes apprennent, à travers une approche adaptée, à décrire certaines situations et discuter avec des animateurs pour y sortir avec une connaissance de plus et surtout des résolutions pour leur propre vie", témoigne un animateur.
Par les stands qu'on y trouve figurent celui axé de la connaissance de base, de l'éducation sexuelle, pour les jeunes non encore actif sexuellement, des préservatifs (pour les actifs), le stand des jeux où l'on projette également des films portant sur la séroprévalence et le podium dressé au milieu du site pour les spectacles de production des jeunes artistes en herbe en compagnie des artistes confirmés.
Lancée conjointement par le CNLS et le ministère de la Jeunesse en 2008, la Kersivac accueille des milliers des jeunes. La 3ème édition a accueilli environ 60.000 personnes à Brazzaville et Ouesso (nord).
Pour cette 4ème édition, elle se déroulera dans 14 villes du Congo avec objectif de combler le besoin d'encadrement des jeunes Congolais enclins à l'ennui et à l'oisiveté.