RDC : Les bars de Kinshasa sont désormais soumis à des  restrictions d’heures d’ouvertures et de fermetures

RDC : Les bars de Kinshasa sont désormais soumis à des restrictions d’heures d’ouvertures et de fermetures

Kinshasa (© 2019 Afriquinfos)-À l’avenir, les bars de Kinshasa, ne pourront plus ouvrir que de 18h00 à 23h00, une décision qui vient d‘être prise et annoncée par les autorités de la capitale congolaise, ceci dans l’optique de lutter contre « l’insalubrité » sous toutes ses formes.

Les bars ont désormais les samedi, dimanche et jours fériés pour être ouverts jusqu’à minuit. Ils pourront ouvrir dès 11h00 les dimanches et jours fériés, selon l’opération « Kin bopeto » (Kin propre) dont la campagne doit commencer en août, a annoncée jeudi par le nouveau gouverneur Gentiny Ngobila.

Selon l’officiel, »Kin bopeto » vise un « changement de mentalité et de comportements » pour « refuser l’insalubrité », expliqué sur plusieurs radios après l’annonce

La vente de boissons doit prendre fin une heure avant la fermeture, insiste l’autorité locale qui dénonce les partisans du laissez-faire actuel dans la troisième plus grande ville d’Afrique.

Dans ses quartiers chauds (Huilerie, Matonge, Bandal), bien des terrasses servent des bières et des brochettes tant qu’il y a du monde sur fond de sono saturée qui crache de la rumba.

« Parfois vous trouvez une personne à dix heures du matin qui prend de la bière. A midi elle sera dans quel état ? », s’est indigné le ministre provincial de l’Environnement Didier Tenge Litho.

Il a exhumé l' »ordonnance-loi du 31 mai 1975 qui réglemente les heures d’ouverture et des fermetures des débits de boissons ».

C’est un autre refrain bien connu: autrefois appelé « Kin-la-belle », la capitale est devenue « Kin-la-poubelle » en raison des sacs plastiques qui jonchent ses « avenues » en terre battue et étouffent ses cours d’eau.

Le nouveau gouverneur annonce des moyens pour des résultats dans six mois: de l’argent pour chacune des 24 communes, et dans chaque commune des « brigades d’assainissement » d’au moins 40 agents…

Il s’agit aussi d’assainir les moeurs. Les autorités veulent lutter contre les habituels boucs émissaires de l’insécurité présumée dans la capitale: les « shégué » et les « kuluna » (enfants des rues et petits délinquants) et les « ujana » (des gamines soupçonnées – parfois voire souvent à tort – de se prostituer parce qu’elles ne portent pas de soutien-gorge).

Les autorités veulent aussi combattre le commerce informel « le long de grandes artères à moins d’un mètre de la route », pour que personne ne tombe malade « dans les endroits insalubres ».

Personne ne sait au juste combien de millions d’habitants vivent dans la capitale de la République démocratique du Congo, faute de recensement depuis 1984. L’estimation de dix millions revient fréquemment.

Une chose est sûre: l’immense majorité survit dans le secteur informel, dont les petits commerces de rue. Et les débits de boissons.

Xavier-Gilles CARDOZZO et AFP

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