Les Togolais aux urnes demain jeudi pour les élections législatives

Les Togolais aux urnes demain jeudi pour les élections législatives

Lomé (© 2018 Afriquinfos)- Après plus d’une année de crise politique et des dizaines de manifestations pour demander le départ du président Faure Gnassingbé, les Togolais se rendent aux urnes demain jeudi pour des élections législatives boycottées par la principale coalition de l’opposition qui réclame davantage de transparence et des réformes constitutionnelles pour permettre la limitation du mandat présidentiel.

L’organisation et le processus du scrutin-ci, d’après la coalition de 14 partis politiques d’opposition est truffé d’« irrégularités ».

Bien avant ces élections législatives qui auront lieu ce 20 décembre,  l’opposition a appelé à manifester pendant une dizaine de jours pour exiger l’arrêt du processus électoral et appelé au boycott des élections. Des manifestations qui ont occasionné des violences au cours desquelles au moins quatre personnes ont perdu leur vie les 8 et 10 décembre à Lomé.

« Nous disons toujours non à ces élections. Nous ferons ce qu’il faut pour qu’elles n’aient pas lieu », a martelé en début de semaine Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la coalition.

Face à la montée des tensions, tous les groupes religieux du Togo ont appelé au report de ces élections, mais le parti au pouvoir reste inflexible: les législatives, qu’il est désormais sûr de remporter, auront bien lieu.

Principal enjeu pour le parti au pouvoir: rafler les 4/5 des sièges (73 députés sur 91 contre 62 actuellement), pouvant lui permettre d’opérer seul les réformes au Parlement, notamment de passer le vote de réforme constitutionnelle permettant au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025.

Ces élections-ci voient le jour au Togo, après des mois de négociations ratées sous l’égide des présidents ghanéen et guinéen, médiateurs pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

La Cédéao avaient encouragé la tenue des législatives avant la fin de l’année: une solution précipitée selon l’opposition qui affirme que le recensement a été bâclé et de ne pas avoir assez de représentants à la Commission électorale.

Au total, 850 candidats issus de 130 listes de 12 partis politiques ou indépendantes participeront à ce scrutin.

Environ 8.000 gendarmes et policiers sont déployés à travers le pays.

Ce lundi soir, le ministre de la sécurité, le général Yark Damehame, a mis en garde contre d’éventuelles violences.

Au  pouvoir depuis 2005,  Faure Gnassingbé a succédé dans la violence à son père, le général Eyadema Gnassingbé, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans.

Innocente Nice

 

 

Laisser un commentaire