Les Nations Unies et les organisations internationales appellent à l’aide pour le Mozambique

Les Nations Unies et les organisations internationales appellent à l’aide pour le Mozambique

New York (© 2019 Afriquinfos) –Les Nations unies et les ONG ont multiplié vendredi les appels à l’aide pour l’Afrique australe, alors que des milliers de rescapés du cyclone Idai se trouvent dans une situation critique, entre frustration provoquée par des distributions chaotiques de nourriture et crainte d’épidémies.

Une semaine après le passage du cyclone Idai le Mozambique est toujours dans la détresse. Les secours s’organisent peu à peu dans la deuxième ville du pays, détruite à 90%, selon les agences humanitaires. Et la situation reste tendue.

Un nouveau bilan provisoire publié ce vendredi 22 mars fait état de 259 morts au Zimbabwe et 257 disparus. Au Mozambique, le bilan officiel est encore de 242 morts et des centaines de disparus, et la décrue qui a commencé laisse présager le pire.

Pour l’heure, les agences humanitaires estiment que le Mozambique pourrait à court terme compter jusqu’à 2 millions de sinistrés.

« Des cas de choléra ont déjà été signalés à Beira et les infections de paludisme se multiplient chez les rescapés piégés par les eaux », a souligné la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge.

« Les maladies respiratoires risquent également d’être un problème sanitaire. Il pleut encore à l’intérieur des maisons, et pour les personnes sans domicile rassemblées dans des écoles ou des églises, le confinement favorise la transmission de ces maladies comme la pneumonie », a pour sa part averti Médecins sans frontières (MSF).

Les agences de l’ONU et les ONG s’emploient à secourir les personnes déplacées et affamées, mais l’acheminement de l’aide est chaotique.

Le secrétaire général de l’ONU António Guterres a appelé dans un communiqué la communauté internationale à multiplier les dons pour les milliers de rescapés du cyclone Idai en Afrique australe.

« Nous devons tous affirmer notre solidarité avec les populations du Mozambique, du Malawi et du Zimbabwe », a-t-il déclaré. « Je voudrais faire un appel fort à la communauté internationale pour accentuer le soutien » à ces pays, a-t-il précisé, rappelant que l’ONU avait dégagé 20 millions de dollars en première aide d’urgence. « Cependant, une bien plus grande aide internationale est nécessaire », a souligné.

Problèmes de financement

L’ONU a déjà dégagé 20 millions de dollars en première aide d’urgence. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a mobilisé ses réserves d’urgence pour distribuer des milliers de tentes, sacs de couchage, ustensiles de cuisine, moustiquaires, lampes solaires…

Sous les eaux, ce sont toutes les infrastructures de base de l’Etat qui ont été englouties dans les zones inondées, écoles, routes, hôpitaux, électricité. Or dans l’état actuel des choses, financièrement, la reconstruction n’est pas possible. C’est ce qu’explique Celeste Banze, économiste et enquêteuse du centre mozambicain pour l’intégrité publique.

« C’est un processus de reconstruction qui n’était pas prévu dans le budget de l’Etat. Il n’y avait pas de liquidités suffisantes pour faire face à des catastrophes naturelles de cette ampleur. Donc, c’est tout un contexte où le pays se trouve déjà fragilisé de par le manque d’appui à son budget et souffre d’un certain isolement par rapport aux financements de la communauté internationale », explique Celeste Banze.

Le pays ne pourra donc pas répondre aux besoins des populations qu’avec de l’aide internationale. Mais le Mozambique est marqué par des scandales de corruption à répétition. Les donateurs sont donc réticents.

« Cependant, une bien plus grande aide internationale est nécessaire », a insisté M. Guterres.

Il faut noter qu’une conférence de donateurs est prévue le 11 avril à Beira.

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