Le Botswana autorise la chasse de l’éléphant sur son territoire

Gaborone (© 2019 Afriquinfos)-Les éléphants du Botswana peuvent désormais faire objet d’animaux à chasse, suite à la décision annoncée par le pays de lever l’interdiction de chasser l’éléphant, pour raison que la population des pachydermes avait augmenté et avait un effet négatif sur les revenus des agriculteurs.

 « Le Botswana a pris la décision de lever le moratoire sur la chasse », a annoncé le ministère de l’environnement dans un communiqué. Une étude a montré « que les conflits entre humains et éléphants ont augmenté en nombre et en intensité et affectent de plus en plus les moyens de subsistance » des habitants.

Le ministère a en outre promis que la chasse reprendrait « de manière ordonnée et éthique ».

La mesure-ci devrait provoquer des protestations des défenseurs de la biodiversité mais se révéler populaire auprès des électeurs ruraux, en prévision d’un scrutin présidentiel prévu en octobre.

L’ex président botswanais Ian Khama, fervent protecteur de l’environnement avait en 2014 interdit la chasse commerciale aux animaux sauvages menacés, dont les éléphants.

Mais les députés du parti au pouvoir faisaient pression pour lever l’interdiction, affirmant que les populations d’éléphants étaient devenues ingérables dans certaines régions de ce pays d’Afrique australe.

Arrivé au pouvoir en 2018, le nouveau président botswanais Mokgweetsi Masisi, avait pris ses distances avec la politique de défense à tout prix de la faune sauvage initiée par son prédécesseur, ordonnant un réexamen de la mesure.

Le Botswana a de loin la plus importante population d’éléphants en Afrique, avec 135.000 individus recensés en 2015, qui se déplacent librement et dont beaucoup passent en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe.

Certains experts estiment que leur nombre a presque triplé en trente ans, et pourrait désormais atteindre 160.000.

Le braconnage constitue la principale menace qui pèse sur les pachydermes, dont les défenses se vendent à prix d’or en Asie, notamment pour servir les besoins de la médecine traditionnelle.

Les défenseurs de la faune s’opposent catégoriquement au rétablissement de la chasse qui, selon eux, ruinerait le tourisme botswanais, un des piliers de son économie.

Innocente Nice

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