L’absence remarquée des femmes dans les médias d’Afrique francophone et leur harcèlement au centre de la 6e édition du Discop

Abidjan (© 2019 Afriquinfos) – Une enquête réalisée par une centaine d’acteurs et d’actrices de l’audiovisuel dans toute l’Afrique francophone révèle qu’en cette partie du continent, les femmes sont très peu visibles dans les médias, notamment audiovisuels, tandis que  les experts invités, tout comme les présentateurs et journalistes vedettes sont la plus part du temps des hommes.

Rendues publiques lors de la 6e édition du Discop Abidjan (29-31 mai), un salon réunissant les professionnels de l’audiovisuel en Afrique subsaharienne, les conclusions de l’enquête mentionnent que « 61% des personnes interrogées estiment qu’il y a moins de 30% de femmes expertes invitées dans leur média ».

Une quinzaine de questions portant sur la place des femmes dans les radios, télévisions, sociétés de production, la presse en ligne et la presse écrite, avaient été envoyées à plus de 750 personnalités des médias par la société américaine Basic Lead, organisatrice du Discop. Cent-sept personnes, dont 71% de femmes, ont répondu à ce questionnaire.

« Les médias font très peu appel à des femmes expertes. Et quand c’est le cas, on nous invite pour parler de maquillage, de coiffure, de mode, mais rarement pour parler d’aéronautique, de banque ou des sujets dits plus +sérieux+ », a regretté Séverine Laurent, directrice de l’agence de communication Afrikacom, pointant des facteurs éducatifs et socio-culturels.

Selon elle, près de 60% des personnes ayant répondu au questionnaire estiment qu’il y a moins de 30% de femmes journalistes ou animatrices vedettes dans les émissions diffusées ou les articles publiés par leur média. De mêmes problématiques retrouvées  » qu’on retrouve d’ailleurs en Occident », a également souligné Mme Laurent.

Le harcèlement des femmes

Dans une déclaration faite à l’AFP, Mma Sévérine Laurent a affirmée avoir été  » extrêmement choquée de voir que 14% des femmes du panel ont vécu du harcèlement physique et 36% du harcèlement moral dans le cadre de leur travail, de la part de leur supérieur hiérarchique ou d’un collègue de travail », a-t-elle déclaré à l’AFP.

« Beaucoup d’hommes ne sont pas encore conscients des limites entre la drague et le harcèlement, tout comme ils ne sont pas conscients des inégalités » en termes de rémunération, relève Séverine Laurent. Seulement 31% des hommes ayant répondu au questionnaire estiment que les hommes sont mieux payés que les femmes.

Kinshasa, Brazzaville, Dakar et Abidjan sont les villes retenues par le Discop pour organiser différentes journées consacrées aux femmes dans les médias dans le courant de l’année.

V.A.

Laisser un commentaire