Génocide Rwandais: un ancien préfet renvoyé aux Assises en France

Génocide Rwandais: un ancien préfet renvoyé aux Assises en France

Kigali (© 2019 Afriquinfos)- Laurent Bucyibaruta, un ex-préfet rwandais est accusé d’être impliqué dans les massacres de masse commis en 1994. Après un ancien chauffeur et un médecin, il est à son tour renvoyé devant les assises de Paris.

Récemment, le juge d’instruction Alexandre Baillon a ordonné un procès aux assises pour ce fonctionnaire de la province de Gikongoro (sud), une des régions de ce pays d’Afrique où les massacres contre les Tutsi furent les plus violents.

Née en 1944,  l’ancien préfet s’est réfugié depuis 1997 en France où il est placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné de s’être rendu complice d’actes de génocide et de crimes contre l’humanité entre avril et juillet 1994, période pendant laquelle les tueries ont fait environ 800.000 morts au Rwanda.

Dans son ordonnance, le juge du pôle crimes contre l’humanité du tribunal de Paris estime en particulier que l’ancien préfet s’est « rendu complice d’une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires ».

Des tueries à l’encontre de personnes regroupées sur certains sites ainsi que de « personnes interpellées aux rondes et aux barrières, inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisée en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile, en l’espèce la population tutsi ».

Le magistrat a en revanche rendu à son égard un non-lieu partiel concernant notamment l’assassinat d’un gendarme et de trois prêtres, ainsi que des viols.

« Nous allons faire appel dans les jours qui viennent parce qu’il y a dans ce dossier un certain nombre d’éléments à décharge », a annoncé à l’AFP Ghislain Mabonga Monga, avocat de M. Bucyibaruta.

Pour information, quelque 25 dossiers liés au génocide rwandais sont instruits au pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris, créé en 2012 face à l’accumulation des plaintes, plusieurs auteurs présumés s’étant réfugiés en France.

I.N.

 

 

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