Gabon : Incertitude grandissante dans un pays sans président sans son président depuis deux mois

Gabon : Incertitude grandissante dans un pays sans président sans son président depuis deux mois

Libreville (© 2018 Afriquinfos)- Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), cela fait deux mois que le président gabonais Ali Bongo Ondimba est hospitalisé à l‘étranger.  Depuis, il n’est plus revenu au Gabon ni ne s’est plus exprimé. Un silence qui plonge son pays dans l’incertitude.

Le président Bongo a fait un malaise le 24 octobre, alors qu’il se trouvait en Arabie saoudite. Il a été hospitalisé à Ryad où il a été soigné pendant plus d’un mois avant d‘être transféré à Rabat, où il se trouve toujours en convalescence.

Aucune date n’a été fixée pour son éventuel retour à Libreville où il est de coutume qu’il prononce le 31 décembre le traditionnel discours du Nouvel an.

“Il est probable qu’il le fasse”, a indiqué à l’AFP une source à la présidence gabonaise qui affirme qu‘à Rabat, le président “continue de suivre les dossiers les plus importants pour le pays”.

Depuis deux mois, la communication officielle a été rare et partielle quant à la santé du chef de l’Etat, alimentant les rumeurs les plus folles sur les réseaux sociaux.

Ce n’est que début décembre que le vice-président, Pierre Claver Maganga Moussavou, reconnaissait qu’Ali Bongo avait été victime d’un AVC.

En deux mois, seule une photo du président avec son ami le roi du Maroc Mohammed VI et deux vidéos, dont l’une où on le voit avec trois des plus hauts responsables politiques du Gabon venus lui rendre visite à Rabat, ont été diffusées.

Ces images où Ali Bongo apparaît toujours assis et ne s’exprime pas (les vidéos ont été diffusées sans son) n’ont pas rassuré sur ses capacités physiques et intellectuelles à assumer ses fonctions.

“La dégradation de son état de santé entrave le bon fonctionnement des institutions politiques, administratives et sociales du pays, enraye la mise en application des procédures constitutionnelles”, affirmait vendredi Alexandre Barro Chambrier, président du Rassemblement héritage et modernité (RHM, opposition).

La Cour constitutionnelle, présidée par une pièce maîtresse du régime Bongo depuis près de 30 ans, Marie-Madeleine Mborantsuo, n’a pas déclaré “la vacance du pouvoir” qui permettrait à la présidente du Sénat d’assurer l’intérim jusqu‘à l’organisation d’une élection présidentielle.

Mi-novembre, la Cour a en revanche modifié la Constitution pour pallier “l’indisponibilité temporaire” du chef de l’Etat en transférant en partie ses pouvoirs au vice-président, provoquant l’indignation de l’opposition qui a dénoncé “un coup d’Etat constitutionnel”.

V.A.                     

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