Après la chute de Béchir, le ballon roule pour la première fois pour les femmes soudanaises

Après la chute de Béchir, le ballon roule pour la première fois pour les femmes soudanaises

Khartoum (© 2019 Afriquinfos)- Jusqu’au 30 septembre dernier, la pratique du football était interdite aux femmes soudanaises en vertu de la loi sur la Charia instaurée dans le pays depuis 1983. C’est donc un évènement historique qui s’est déroulé le lundi dernier avec le lancement de la toute première ligue de football féminine au Soudan.

En présence des autorités soudanaises avec en tête, la ministre des Sports Wala Essam, le match opposant les clubs de Tahadi et de Difaa au Stade de Khartoum, a donné le ton au tout premier championnat féminin de football de l’histoire du Soudan. Elles seront 21 équipes féminines à former cette nouvelle Ligue. Les principales intéressées en rêvaient, mais ne pensaient pas que ce jour arriverait. Il aura fallu attendre la chute du régime d’Omar El Béchir qui tenait le pays d’une main de fer avec le soutien des islamistes. « « C’est une rencontre historique, pas seulement pour le sport féminin mais pour le Soudan tout entier. Nous accorderons une attention spécifique au sport féminin et au football féminin », a déclaré la ministre des sports.

Après le coup de sifflet final, les joueuses des deux équipes n’en revenaient toujours pas. « Avant la révolution au Soudan, mon plan était d’aller à l’étranger pour jouer, mais maintenant je peux jouer sur ma terre natale », explique Asma Abubakr, vêtue du maillot vert de l’équipe de Tahadi. Pour Juan Essam, du club de Difaa, c’est un « rêve » qui devient réalité. « Ce qui s’est passé aujourd’hui est tout simplement fantastique, ajoute-t-elle, émue. Pour la première fois, j’ai joué dans un stade. C’était mon rêve. »

Un rêve qui va se poursuivre à la faveur de la poursuite des mesures de libéralisation engagées par le Conseil souverain, à majorité civile et dirigé par un militaire, chargé de superviser la transition.  Le Conseil qui a pris fonction en août dernier est notamment de conduire le Soudan vers un pouvoir civil.

Boniface T.

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