La CEDEAO appelle au respect de la date des législatives en Guinée Bissau

Bissau (© 2019 Afriquinfos)- Les acteurs politiques en Guinée-Bissau ont été exhortés à respecter la date prévue pour les législatives fixées au 18 novembre et censé dénouer dans ce pays une crise politique vieille de trois ans.

En visite ce mardi à Bissau, une mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rencontré les principaux responsables du pays, dont le président José Mario Vaz et le Premier ministre Aristide Gomes, des dirigeants de partis, des membres de la commission électorale nationale et des représentants de la communauté internationale.

Dans une déclaration faisant suite aux entretiens, le président de la Commission de l’organisation régionale, l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou a fait savoir que « la mission s’est félicitée des avancées faites jusqu’ici et a appelé le gouvernement à accélérer la préparation des élections. Elle a également appelé toutes les parties à œuvrer pour soutenir les actions du gouvernement pour l’accélération du processus et la réalisation effective des élections législatives le 18 novembre 2018, conformément aux décisions des chefs d’Etat de la CEDEAO ».

En marge de la réunion, le représentant de l’Union africaine à Bissau, Ovido Pequeno a laissé entendre : « Nous continuons à croire que la date du 18 novembre est celle des élections ».

« Si cette date n’est pas réalisable, qu’on se mette autour d’une table pour trouver une autre date, mais il ne faut pas aller au-delà de décembre 2019 », a estimé l’ancien Premier ministre Baciro Dja, qui entend se présenter aux législatives sous les couleurs de son nouveau parti, le Front pour le salut national (Frepasna, centre-gauche).

L’objectif de ces législatives est de mettre fin à la crise politique que traverse ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest depuis la destitution en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), auquel M. Vaz appartient également.

Le 14 avril dernier, un nouvel accord de sortie de crise a été conclu à Lomé sous l‘égide de la CEDEAO lors d’un sommet extraordinaire, prévoyant notamment l’organisation des législatives. Toutefois, le recensement électoral n’a pas pu démarrer fin août comme espéré en raison du matériel électronique prévu à cet effet n’ayant pas été livré à temps par plusieurs pays partenaires.

D’après le Cabinet d’appui technique au processus électoral (GTAP), selon qui le « travail » de recensement va bientôt commencer, un premier lot de 150 de ces « kits » est finalement arrivé dimanche en provenance du Nigeria et 50 autres devraient suivre dans les prochains jours.

I.N.