L’Eglise orthodoxe éthiopienne dénonce la passivité des autorités face aux violences

L’Eglise orthodoxe éthiopienne a dénoncé dimanche la réponse apportée par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed aux violences qui ont fait plus de 60 morts cette semaine en Ethiopie, en assurant qu’il a failli à son devoir de protéger ses membres.

« Les gens meurent, et on se demande si le gouvernement existe vraiment. Les gens perdent espoir », s’est lamenté auprès de l’AFP le père Markos Gebre-Egziabher, un haut responsable de l’Eglise orthodoxe tewahedo, à l’issue d’une messe à la cathédrale de la Sainte Trinité d’Addis Abeba. Les violences ont éclaté mercredi à Addis Abeba, avant de se répandre dans la région d’Oromia, où des partisans d’un activiste controversé, Jawar Mohammed, sont descendus dans les rues et bloqué des routes dans plusieurs villes. Des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre, mais aussi des communautés entre elles. Des biens appartenant à l’église orthodoxe tewahedo ont aussi été pris pour cible.

Selon la police, 67 personnes ont été tuées lors de ces violences. Samedi, le Premier ministre Abiy Ahmed, récemment récompensé du prix Nobel de la paix, a dénoncé « une tentative de provoquer une crise ethnique et religieuse ». « La crise que nous vivons pourrait encore s’aggraver si les Ethiopiens ne s’unissent pas », a-t-il affirmé, en ajoutant : « Nous travaillerons sans relâche pour assurer que la justice prévale et traduire en justice les coupables ». La communauté orthodoxe rassemble environ 40% des 110 millions d’Ethiopiens. Un porte-parole de l’Eglise a indiqué samedi à l’AFP que 52 orthodoxes éthiopiens – dont deux prélats – figuraient parmi les victimes de ces violences. Aucune confirmation officielle de ce bilan n’a pu être obtenu par l’AFP.

Selon Fisseha Tekle, un collaborateur d’Amnesty International, trois églises orthodoxes et une mosquée ont été attaquées par des manifestants. Des responsables de l’Eglise orthodoxe ont rencontré le ministre de la Défense Lemma Megersa et le Premier ministre adjoint Demeke Mekonnen, a indiqué samedi la radio publique Fana, sans détailler la teneur de leurs entretiens. Au cours de la messe de dimanche à la cathédrale de la Sainte Trinité, le père Markos a invité les fidèles à se défendre et protéger les biens de l’Eglise : « s’ils viennent avec des machettes, nous nous dresserons devant eux avec nos croix, Dieu est avec nous », a-t-il affirmé.

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