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Le Kenya mise sur ses citoyens pour redresser le secteur du tourisme

Le Kenya mise sur ses citoyens pour redresser le secteur du tourisme

Les populations sont encouragées à visiter les nombreux sites touristiques du pays. Plusieurs initiatives ont été lancées pour renforcer le tourisme national, qui était naguère le segment le moins dé lucratif du tourisme kenyan.

Depuis plusieurs années, le Kenya se reposait essentiellement sur les touristes venus d'Europe. Environ 1,5 million de touristes visitent ce pays chaque année, dont 75 % en provenance d'Europe.

Toutefois, ces chiffres sont en baisse ces dernières années en raison de facteurs comprenant la crise financière mondiale et les actes de terrorisme perpétrés par le groupe somalien Al-Shabab, accentuant les difficultés du pays.

Plusieurs pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, l'Australie, la France et les États-Unis, ont publié des mises en garde aux voyageurs invitant leurs ressortissants à la prudence s' ils choisissent de visiter le Kenya.

C'est dans ce contexte que le Kenya a décidé de se recentrer davantage sur ses propres habitants pour soutenir le secteur du tourisme.

Ce pays d'Afrique de l'Est a mis au point un certain nombre de stratégies pour favoriser le tourisme intérieur. En premier lieu, il a mis en place des réductions d'impôts pour les entreprises offrant des congés à leurs employés.

En application de cette proposition, les entreprises doivent offrir à leurs employés des congés qui sont ensuite déductibles des impôts.

Le président Uhuru Kenyatta a annoncé cette mesure le mois dernier, et l'objectif du gouvernement est de toucher au moins 25. 000 Kenyans chaque mois.

Jeudi, le secrétaire au Trésor Henry Rotich a inscrit cette proposition au budget en annonçant qu'il amenderait le Code fiscal pour permettre de déduire des impôts les dépenses payées par les employeurs pour octroyer des vacances à leur personnel.

"Le secteur de l'hôtellerie est confronté à un grand nombre de difficultés du fait de la baisse du nombre de touristes étrangers. Pour atténuer ces difficultés, je propose d'amender le Code fiscal pour permettre de déduire les dépenses payées par les employeurs pour accorder à leurs employés des vacances au Kenya", a déclaré M. Rotich.

 Ce pays d'Afrique a pour objectif d'atteindre les 25.000 touristes kenyans par mois, et cette déduction fiscale devrait coûter au gouvernement au moins 28 millions de dollars de recettes fiscales.

Le gouvernement kenyan a également ordonné que tous ses événements se tiennent dans des hôtels privés, en vue de faire grimper le nombre de personnes utilisant les installations.

D'autres mesures comprennent la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée sur tous les services fournis par les agences de voyage.

     De même, toutes les ressources budgétaires du gouvernement national prévues pour des voyages à l'étranger ont été réaffectées aux voyages intérieurs.

     Les gouvernements de comté ont également été invités à réaffecter leurs budgets de voyages à l'étranger en faveur des voyages intérieurs pour stimuler la croissance du tourisme intérieur. Au moins 5.000 personnes ont perdu leurs emplois dans le secteur touché par le terrorisme et les voyages internes.

     Cependant, c'est la réduction des frais d'entrée au parc national qui vise directement des Kenyans ordinaires, car la majorité ont boycotté des sites en raison de frais élevés. Le Kenya Wildlife Service (KWS), a coupé jeudi les charges par entre 1,7 et 2,3 dollars américains.

     "Suite à la directive présidentielle sur la révision des frais d'entrée au parc, le Kenya Wildlife Service tient à informer le public que les frais d'entrée au parc du lac Nakuru et les parcs nationaux d'Amboseli ont été réduits", a déclaré l'institution dans un avis.

     Les adultes kenyans vont désormais payer 11,4 dollars pour visiter les parcs populaires, contre 13,7 dollars avant tandis que les enfants vont payer 2,3 dollars, une baisse de 4 dollars.

     D'autre part, les étrangers paieraient 80 dollars pour les adultes, tandis que les enfants devraient payer 40 dollars.

     De leur côté, les acteurs du tourisme offrent aux Kenyans des forfaits de vacances abordables, qui sont inférieurs aux 61 dollars par personne et par jour, qu'ils exigeaient des touristes internationaux.

     Le Kenya a accueilli l'année dernière 1,5 millions de touristes, moins que les 1,7 millions de touristes enregistrés en 2012, selon l'Etude économique 2014.

     Aussi, les recettes générées par le tourisme sont passées de 1, 1 milliards de dollars à 1 milliard de dollars.

     Et tout ne semble pas rose pour le secteur cette année. Le nombre de touristes ayant visité le pays est-africain au premier trimestre via ses deux principaux aéroports internationaux, Moi et Jomo Kenyatta, est passé de 250.000 l'année dernière à 225.000, a indiqué le Bureau national des statistiques du Kenya.

     Le Kenya fait désormais la cour à la Chine, au Nigeria, à l' Ouganda et à l'Afrique du Sud pour booster son tourisme.

     "Je peux prendre des vacances et peut-être me rendre à Mombasa ou au Maasai Mara, mais je ne peux le faire qu'une fois car les coûts sont élevés malgré la baisse des charges. Cependant, peu nombreux sont les Kenyans qui le peuvent car nos revenus sont bas et la plupart des gens ont du mal à mettre de la nourriture sur la table", a expliqué George Kimani, spécialiste de la surveillance et de l'évaluation à Nairobi.

     M. Kimani a ajouté qu'en ce qui concerne les mesures sur le long terme, le gouvernement devrait construire l'économie afin de booster les revenus pour que les Kenyans puissent épargner pour prendre des vacances.