Bénin : l’opposition vent debout contre la composition du COS-LEPI

Porto-Novo (© 2019 Afriquinfos)- Dans la perspective des Elections locales et présidentielles prévues respectivement en 2020 et 2021 au Bénin, les Parlementaires ont procédé le mercredi 14 août dernier à la désignation des neuf nouveaux représentants de l’Assemblée nationale au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée, (COS-LEPI).

Absente du Parlement depuis les dernières législatives, l’opposition béninoise n’a pas trop son mot à dire sur le processus électoral devant conduire aux élections locales en 2020 et à la Présidentielle en 2021. En témoigne la liste des neuf nouveaux membres du Cos-Lépi issus de l’Assemblée nationale. Aucun ne porte les couleurs de l’opposition. Sur les neuf membres désignés, cinq députés sont de la majorité parlementaire et quatre de la minorité parlementaire. Et vu que l’Assemblée nationale est uniquement composée des partisans de la mouvance présidentielle, l’opposition a tôt fait de crier à la manipulation.

Comme on pouvait s’y attendre, nombreux de ses membres sont déjà montés au créneau pour dénoncer la composition dudit Conseil. Guy Mitopke, ancien député, est de ceux-là. Le Secrétaire général du parti « Restaurer l’espoir », déplore un COS-LEPI, unicolore et dit craindre une manipulation du fichier électoral : « l’Assemblée nationale est composée à 100% de députés se réclamant du camp présidentiel. Et cette assemblée vient de désigner ses neuf représentants qui vont se charger d’actualiser le fichier électoral. Ce fichier va donc se retrouver dans l’escarcelle du pouvoir. L’opposition n’aura aucun droit de regard sur ce qui se fait dans cette instance. Pour les élections à venir, il n’y a plus de gage de sécurité, plus aucun élément qui pourrait nous amener à dire que les élections seront transparentes », s’inquiète-t-il.    

Pour éviter que la situation s’envenime, celui qui était lui-même ancien membre de la CENI ; invite le pouvoir de Patrice Talon, a organisé, ni plus ni moins, de nouvelles élections législatives pour redonner à l’Assemblée nationale sa crédibilité et ainsi poursuivre le processus électoral en toute sérénité.

S.B.