Locales 2019 au Togo : UNIR se félicite de sa victoire, l’opposition en quête de remobilisation

Lomé (© 2019 Afriquinfos)- Les résultats provisoires des élections locales du 30 juin dernier connus depuis vendredi 05 juillet 2019 donnent la victoire au parti au pouvoir Union pour la République (Unir). Mais du côté de la coalition de l’opposition, la C14, on rejette les résultats provisoires des élections. 

Selon ces résultats, le parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir), remporte plus de 60% des sièges. Sur les 1 490 sièges pourvus, l’Unir en rafle 895. En deuxième position, l’Alliance nationale pour le changement en obtient 134 et la coalition de l’opposition 131.

Mais pour Brigitte Adjamagbo Johnson, de la C14, il y a eu des fraudes qui ont joué sur les résultats : « Je voudrais d’abord faire observer que ça ne correspond pas du tout à la réalité, et que le régime encore une fois a usé de fraude, de bourrage d’urnes, d’achat de consciences. Il y a beaucoup d’endroits où il faut revoir les résultats. Quand dans un bureau de vote, déjà à l’ouverture, le délégué de la C14 arrive et voit que l’urne est pratiquement remplie à moitié, n’eût été la fermeté, la détermination de ce délégué, on n’aurait pas pu rétablir les choses. »

Selon des résultats provisoires publiés vendredi soir par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), le parti au pouvoir a largement remporté les élections municipales du 30 juin, en remportant plus de 60% des sièges de conseillers municipaux dans 114 communes du pays,

L’Union pour la République (UNIR), a dans plusieurs communes du nord remporté 895 des 1.490 sièges de conseillers municipaux. 

Viennent ensuite l’Alliance nationale pour le changement (ANC), la coalition de l’opposition (C14) et l’Union des forces de changement (UFC) avec respectivement 134, 131 et 44 conseillers municipaux. 

Dans un communiqué, le Secrétaire Exécutif du Parti UNIR, le militant Atcholi Aklesso, a rendu hommage au Président de la République, Président du Parti, et remercie le peuple togolais pour le vote massif des listes de sa formation politique.

Cependant, plusieurs partis d’opposition ont dénoncé avant, pendant et après le vote du 30 juin «une mauvaise organisation sur toute la ligne du scrutin, des fraudes patentes du parti au pouvoir, et surtout un cruel manque de sensibilisation des Togolais au sujet des tenants et aboutissants de cette 1ère élection communale».

« La suite du processus sera la transmission des résultats à la Cour suprême qui a le mandat et la mission de proclamer les résultats définitifs du scrutin », a déclaré Tchambakou Ayassor, le président de la Céni. Les candidats disposent de 48 heures pour éventuellement contester la régularité des opérations électorales. 

«Vous verrez, il y aura plusieurs recours. Nous nous préparons à faire nos recours avec preuve valable. C’est grotesque, ce qui s’est passé», a en outre déclaré Mme Adjamagbo, responsable de la Coalition C14. Le taux de participation est estimé à 52,46%, selon la Céni. La participation a été notamment faible dans la capitale togolaise Lomé. 

Dans chaque commune, les conseillers municipaux doivent désormais élire leur maire. Les mairies sont actuellement dirigées par des présidents de délégation spéciale, nommés par le président de la République. 

Au total 570 listes de partis politiques et d’indépendants ont été retenues par la Cour Suprême pour ces élections municipales, les premières depuis 1987 dans ce pays présidé depuis 2005 par Faure Gnassingbé. Son père le général Eyadéma Gnassingbé, avait dirigé ce petit pays d’Afrique de l’Ouest d’une main de fer pendant 38 ans. 

A l’exception du Parti national panafricain (PNP), tous les principaux partis politiques de l’opposition, qui avaient boycotté les élections législatives de décembre 2018 et n’ont plus aucune représentation au Parlement, ont présenté des listes et espèrent désormais assoir leur présence locale à travers ce scrutin. 

Le PNP parti, dont le leader Tikpi Atchadam vit en exil, exige la libération de ses militants détenus, dont trois responsables écroués à la suite de manifestations contre le pouvoir le 13 avril.

Vignikpo Akpéné avec AFP