Tunisie: Le chef de l’Etat Essebsi est sorti de l’hôpital

TUNIS (© 2019 AFP) – Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, victime jeudi d’un grave malaise qui a laissé craindre une vacance du pouvoir entraînant une période d’incertitude politique à l’approche des élections, est sorti de l’hôpital lundi soir, a annoncé la présidence.

« Le chef de l’Etat a quitté l’hôpital militaire pour son domicile à Carthage (nord) après avoir reçu le traitement nécessaire et après son rétablissement », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué sur Facebook.

Sur une photo publiée par la présidence, M. Essebsi, 92 ans, le plus âgé des chefs d’Etat après la reine Elisabeth d’Angleterre, apparaît souriant, entouré de l’équipe médicale.

Sa sortie intervient alors que des politiciens et internautes ont réclamé une plus grande transparence sur l’état de santé du président, dans un contexte politique tendu.

Béji Caïd Essebsi avait été hospitalisé jeudi dans un état « critique » selon la présidence, le jour même où Tunis était le théâtre d’un double attentat-suicide contre la police, revendiqué par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, également chef de file du parti présidentiel Nidaa Tounès, a indiqué lundi soir sur Facebook que l’état de son père était « normal et si Dieu le veut il reprendra ses activités dans les jours prochains ». 

« Après tous ces événements nous avons de nouveau une occasion pour dépasser tous les désaccords politiques avec toutes les parties pour l’intérêt de pays », a-t-il ajouté.

Deux décrets doivent être promulgués sous peu: celui prolongeant l’état d’urgence en vigueur depuis 2015, et celui qui déclenche le processus électoral en appelant les Tunisiens aux urnes pour les élections législatives prévues le 6 octobre.

Le président était soigné à l’hôpital militaire de Tunis, mais très peu d’informations précises ont été diffusées sur sa santé, et de nombreuses rumeurs ont évoqué son décès.

L’éventualité d’une absence prolongée du président a laissé craindre une période d’incertitudes politiques accrues, à l’approche des législatives puis de la présidentielle en fin d’année, alors que la Tunisie est toujours dépourvue de Cour constitutionnelle. Les partis au pouvoir ont maintes fois repoussé par calcul politique la constitution de cette institution cruciale en cas de vacance du pouvoir.