Débat sur le Franc CFA : l’Ambassadeur de France au Togo dit ce qu’il en pense
Lomé (© 2019 Afriquinfos)-  Dans un entretien accordé à un média local, l’Ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy, s’est largement appesanti sur le débat sur le FCFA qui fait actuellement rage sur le continent africain et au-delà. Le diplomate, a réfuté toutes les accusations qui visent à faire porter le chapeau à la France de la situation économique et le sous-développement de l’Afrique. Questionné sur la mainmise de la France sur la monnaie africaine et sur la polémique qui enfle à ce sujet ces dernières dans toutes les capitales africaines, Marc Vizy explique qu’il s’agit d’une mauvaise connaissance du sujet par ceux qui en parle. « Il est exact que la zone-franc a été créée après-guerre au moment de la colonisation et qu’elle visait une forme d’union économique et monétaire entre la France et ses colonies en Afrique. Mais aujourd’hui le dispositif a complétement changé et n’a plus rien de colonial. C’est au contraire un mécanisme moderne, entièrement aux mains des Etats africains, qui jouit d’une très bonne réputation dans les milieux financiers internationaux et qui permet aux Africains concernés de disposer d’une monnaie solide », explique l’Ambassadeur de France au Togo. Celui qui dans les années 80 a écrit un manuel sur la zone CFA, ne voit que des avantages à l’arrimage du Franc CFA à l’euro : « Présenter la zone-franc comme un dispositif colonial n’est pas digne. Si la zone-franc était un instrument de domination néocoloniale, il y a longtemps que les pays concernés l’auraient quittée ! », soutient-il. Pour Marc Vizy, la monnaie commune est gage d « émergence économique », car elle « évite l’hyperinflation et, en cela, protège le pouvoir d’achat des consommateurs des pays membres ; elle favorise les investissements extérieurs grâce à la stabilité et à la convertibilité de la monnaie ; comme dans la zone-euro, elle favorise la rigueur budgétaire en fixant des critères de convergence communs et favorise le commerce intérieur dans la zone. A Kako Nubupkpo ou encore Kémi Séba qui sont partis en croisade contre le Franc CFA, le diplomate répond qu’«il s’agit d’un débat dévoyé et qui n’a plus rien de rationnel. Il est instrumentalisé par des mouvements politiques qui veulent recruter leurs militants dans une jeunesse africaine qui aspire au progrès et au bien-être mais qui souffre parfois de constater que des retards de développement freinent ses légitimes espoirs. Alors, plutôt que de rassembler cette jeunesse autour de projets de développement crédibles, certains préfèrent lui inoculer une sorte de conscience victimaire et lui faire croire que si cela ne va pas toujours bien en Afrique, c’est à cause de la France et du franc CFA ». S.B.