Les diasporas africaines, une chance pour le développement du continent?

PARIS (© 2019 CIAN) – Un livre-enquête du CIAN (le Conseil français des investisseurs en Afrique) souligne que les flux financiers envoyés en Afrique par les diasporas sont en constante augmentation et atteignent 70 milliards d’euros par an.

 

 

Il a fallu attendre le début des années 2000 pour que les pouvoirs publics prennent conscience de l’importance du rôle économique de la diaspora. En 2017, les diasporas africaines ont transféré 70 milliards d’euros vers le continent. Ce phénomène justifiait qu’on lui consacre une enquête : c’est chose faite, avec Les Diasporas Africaines, accélératrices des économies du continent. Troisième volume des Cahiers du CIAN, le Conseil français des investisseurs en Afrique, il a été publié fin janvier, à Paris, aux éditions Eyrolles.

Alors que l’Afrique enregistre une croissance durable et bénéficie de sauts technologiques grâce au digital, les 3,5 millions de personnes que comptent les diasporas africaines de France se tournent de plus en plus vers le continent pour prendre part à cette dynamique. Beaucoup de projets, d’initiatives entrepreneuriales ou associatives voient ainsi le jour, et des fonds importants sont investis.

Les transferts de fonds sont devenus une source de financement essentielle pour de nombreuses économies africaines, dépassant les montants de l’aide publique au développement et contribuant parfois jusqu’à 20% du Produit intérieur brut des pays concernés. Multipliés par dix en trente ans, les envois de fonds de la diaspora africaine représentent aujourd’hui 51% des apports de capitaux privés sur le continent.

 

Transformer cette manne financière en investissements

 

Si 10% seulement de ces flux étaient dirigés vers des investissements structurants ou des créations d’entreprise en Afrique, le continent bénéficierait d’une source de financement de 7 milliards d’euros par an, équivalent à 15% des investissements directs étrangers annuels. Un levier de croissance considérable !

Ce 3ème volume des Cahiers du CIAN dresse donc un panorama inédit des diasporas africaines de France à travers les témoignages d’une cinquantaine de leurs représentants. Il décrit leur mobilisation et leur montée en puissance, sans occulter les freins et obstacles à une implication encore plus forte dans les économies de leur pays d’origine.

«Sur le rôle des diasporas, nous vivons une prise de conscience et une évolution profonde et définitive des états d’esprits, estime Etienne Giros, président délégué du CIAN. Il reste à les transformer en réalités et réalisations pratiques, en faveur du développement de l’Afrique. Le secteur privé français, et le CIAN en particulier, est prêt à y prendre sa part. Ce livre en est le témoignage».