Le premier salon africain du cannabis voit le jour en Afrique du Sud

Pretoria (© 2018 Afriquinfos)-  A Pretoria, en Afrique du sud, a été inaugurée ce jeudi la première « Cannabis Expo » du continent Africain à laquelle sont attendus 20.000 visiteurs jusqu’à dimanche.

L’Afrique du Sud a légalisé la consommation privée de marijuana, mais tarde à autoriser le cannabis médical.

Et dans cette exposition, la fumette n’est pas autorisée: deux gardes, en tenue parodique de policiers, surveillent la vingtaine d’exposants et les visiteurs, d’ailleurs plutôt style entrepreneur que doux rêveur.

Depuis le 18 septembre, les Sud-Africains ont le droit de cultiver du cannabis pour leur propre consommation. Mais il est interdit d’en fumer en public. Un stand propose tous les accessoires pour cultiver chez soi, mais rien à planter car le commerce des semences n’est pas encore autorisé.

« Nous espérons convaincre le gouvernement sud-africain de changer la loi et aussi de permettre la vente de cannabis à usage médical », explique Silas Howarth, l’organisateur du Salon.

Les remèdes commencent toutefois à se vendre discrètement, surtout sur internet. « C’est dangereux car il n’y a aucun contrôle sur la qualité des produits », déplore Gerard Naude, de la société « Go Life ».

Ce fabricant de suppléments alimentaires vient de planter 20 hectares de cannabis au Lesotho et Zimbabwe, les deux seuls pays africains à autoriser la production d’herbe et d’huile à usage médical. L’Afrique australe offre un terrain idéal pour la production de cannabis. La consommation de beuh (longtemps illégale) fait d’ailleurs partie de la culture traditionnelle. Mais il faut améliorer la qualité médicinale des variétés locales.

Pour le moment, les semences sont importées de France. « Je pense que notre gouvernement va autoriser la vente de semences et de cannabis médical d’ici un à deux ans », dit Rozayne Malyo, du Conseil sud-africain du développement du cannabis.

« Si la loi n’évolue pas assez vite, nos entreprises seront désavantagées face à la concurrence internationale ». Déjà, une firme américaine et une canadienne ont investi au Lesotho. », a-t-elle ajouté.

Xavier-Gilles CARDOZZO