Accueil Afrique de l'Ouest Coopération agricole Sud-Sud: L’expertise brésilienne séduit progressivement en Afrique autour du coton…

Coopération agricole Sud-Sud: L’expertise brésilienne séduit progressivement en Afrique autour du coton…

Coopération agricole Sud-Sud: L’expertise brésilienne séduit progressivement en Afrique autour du coton…

BAMAKO (© 2018 Afriquinfos) – Le projet «Coton4+» est un programme brésilien destiné à booster la production cotonnière dans certains pays africains à travers le transfert de technologies. Il est porté par Embrapa (Entreprise brésilienne de recherche agropastorale) et l’Agence brésilienne de coopération (ABC), en collaboration avec les Instituts de recherche agricole des pays membres que sont le Burkina Faso, le Mali, le Tchad, le Bénin et tout récemment le Togo (à cause des progrès notables enregistrés). Ces Etats africains apprécient la technologie brésilienne, notamment le semis sous couverture végétale et la lutte contre les chenilles ravageuses.

 

Pour Dr Hamidou Traoré, Directeur de l’Institut de l’environnement et de recherche agricole (INERA) du Burkina Faso, le semis sous couverture végétale offre des avantages. «Au lieu de labourer chaque année son champ, le producteur plante du coton ou le maïs qui vient en rotation après le coton. Et dans le maïs, il met des plantes fourragères ou des plantes de couverture, et il laisse cette couverture après avoir récolté sa culture et l’année qui suit, il peut semer son coton dans la couverture pour peu qu’il l’ait protégée contre les animaux», explique-t-il. A ses dires, cette technique améliore aussi les caractéristiques physico-chimiques des sols.

Son collègue du Togo, Dr Akantetou Pikassalé lit d’autres atouts via cette technologie. «Par rapport aux dix variétés de coton brésilien qui sont introduites pour être expérimentées, nous sommes arrivés à détecter deux variétés qui sont intéressantes du point de vue brillance, la couleur de la fibre qui est très recherchée sur le marché alors que nos variétés ont une petite insuffisance au niveau de la brillance. Nous avons reconnu en deux variétés brésiliennes, notamment BRS286 et  BRS293 cette qualité de brillance. Et nous avons commencé cette année à faire des croisements pour intégrer ces caractères-là à nos variétés pour améliorer leur couleur», affirme le technicien togolais en charge du Comité de pilotage du projet dans son pays. Aussi, trouve-t-il que l’expérience brésilienne vient à point nommé puisqu’elle permet de résorber certains problèmes.  «Nous avons aujourd’hui un problème de fertilité des sols. Nous avons fait des formations pour que les producteurs fabriquent eux-mêmes les composts pour amender leurs sols, mais cela prend difficilement», souligne Dr Akantetou Pikassalé.  Pour lui aussi, le semis sous couverture végétale présente également des avantages comme le gain en temps, la conservation de l’humidité du sol, la gestion de la quantité d’eau qui tombe, la lutte contre l’érosion.

Toutefois Dr Hamidou Traoré de l’INERA relativise. « Nous a reçu des variétés de coton du Brésil que nous avons évaluées dans nos conditions pour les comparer à nos variétés et on a découvert que les variétés brésiliennes ont des caractéristiques intéressantes. Par contre, certaines de nos variétés peuvent battre certaines variétés du Brésil par rapport à d’autres caractéristiques», fait-il observer. A cela s’ajoutent aussi des freins à l’adoption de la technologie brésilienne comme le reconnaît Armando Vieira, analyste technique et Coordonnateur du projet «Coton4+Togo».  «Les producteurs locaux de nos partenaires pratiquent les méthodes anciennes pour le semis du coton», relève-t-il tout en étant optimiste. «Nous comptons les convaincre et les amener progressivement aux nouvelles méthodes puisqu’elles améliorent la production annuelle du coton», espère Armando Vieira.

L’apport du Brésil dans la production cotonnière de ses partenaires se fait aussi remarquer dans la lutte contre les ravageurs. Il se traduit par la formation des entomologues des pays membres. Une aide qui les soulage et leur permet de limiter la dévastation des champs. L’an 2017 au Burkina Faso, les chenilles ravageuses ont détruit 60.000 hectaresCette année, ce sont 30.000 hectares qui sont infestés par ces destructeurs. Outre ces avantages, les pays du «Coton4+» bénéficient de stages de formation au Brésil et se rencontrent périodiquement pour le partage des connaissances et les recherches de financement. Cette année, c’est Lomé la capitale togolaise qui a abrité la 3ème réunion du Comité de pilotage du projet «Coton4+». La prochaine rencontre est prévue au Burkina Faso.

 

Anani GALLEY