Accueil Afrique de l'Ouest Littérature francophone africaine : «Le jour en tribut», 3è roman d’Hélène Kaziendé-Djondo qui reconceptualise le terrorisme

Littérature francophone africaine : «Le jour en tribut», 3è roman d’Hélène Kaziendé-Djondo qui reconceptualise le terrorisme

Littérature francophone africaine : «Le jour en tribut», 3è roman d’Hélène Kaziendé-Djondo qui reconceptualise le terrorisme

LOME (© 2018 Afriquinfos) – Romancière et novelliste, Hélène Kaziendé-Djondo vient de commettre (en août dernier) aux «Editions Publiwiz» son 3è roman (après «Aydia» en 2006 et «Les fers de l’absence» en 2011). Une publication qui nous plonge au cœur de la massification d’un phénomène contemporain, le terrorisme et ses avatars. Au milieu de la laideur et de la terreur, «Le jour en tribut» d’Hélène Kaziendé, réussit à créer du beau. Un tour de force et un paradoxe qui élèvent l’écriture de ce roman.

 

Par la destinée de son héroïne, «Le jour en tribut» révèle la part ténébreuse, la bestialité qui sommeille en chaque être, aussi bon, sensible, et intelligent puisse-t-il être. Cette chose monstrueuse qui peut se réveiller lorsque l’on se retrouve confronté à la barbarie humaine. Et cela s’explique par le vécu influencé par les drames sociaux, familiaux. Il suffit d’un rien pour qu’un destin chavire et tourne irrémédiablement du rêve au cauchemar.

Par la rudesse de sa plume, Hélène Kaziendé-Djondo éclaire donc crûment son lecteur sur lui-même, sur le monde en perpétuel mouvement où rien n’est fixé à l’avance, sur le reste de l’humanité toute aussi engluée dans des sables mouvants.

Sur 160 pages, l’auteur a le mérite de s’intéresser à une problématique actuelle et complexe et le lecteur s’y heurte de plein fouet à un univers qu’il croit si lointain mais pourtant si proche. Les images suscitées semblent si réelles, qu’en s’éveillant de ce cauchemar, l’esprit sourit de son angoisse ressentie dans ce long tunnel, sans fin. Le lecteur reconnaît alors que le tunnel n’était qu’une illusion, créée par l’imagination vive et dense de l’auteure.

Mais ce roman, c’est aussi l’itinéraire douloureux d’une jeunesse, à la dérive qui ne sait plus à quelles valeurs identitaires s’accrocher, fragilisée par une situation économique désastreuse basculant vers tous ces extrêmes qui déshumanisent, bien souvent sous l’instigation d’un anti-héros monstrueux à l’obscurantisme triomphant. D’où cette grande interrogation : quel héritage l’Afrique va-elle léguer aux générations futures ? Qu’en restera-t-il si rien n’est fait pour enrayer le mal ? Où en sommes-nous actuellement avec nos aspirations à la paix, la tolérance, la liberté, la justice ?

Ce roman douloureux, ce long tunnel où l’esprit du lecteur oppressé dans ces nuits vidées de toute espérance, traîne également à travers les pages le poids d’une lourde fatalité. La plume de l’auteure a la puissance d’affliger, et l’accablement se ressent dans chaque page du roman ! Mais, puissent par les yeux d’Hélène Kaziendé-Djondo, les jours se libérer de l’étreinte des ténèbres, et puissent les larmes de tous ces égarés dans l’ailleurs, éteindre l’incendie immanent de leurs yeux.

 

Bella Edith