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Nigeria : les services de renseignement nigérians accusés

Nigeria : les services de renseignement nigérians accusés

Abuja (© 2018 Afriquinfos)- Plusieurs centaines de personnes ont disparu dans les geôles ou dans les locaux des services de renseignement nigérians, d’après Amnesty International.

Amnesty International dénonce la disparition de plusieurs personnes. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, des milliers de personnes sont accusées notamment d’être affiliées à des groupes indépendantistes ou religieux, ont disparu dans les geôles nigérianes ou sont détenues par les services de renseignement depuis des années de manière illégale et arbitraire.

Dans un communiqué, Osai Ojigho, le directeur d’Amnesty pour le Nigeria, a appelé les autorités à libérer ou à appliquer des sanctions dans le cadre de la loi si nécessaire, sans avoir recours à la peine capitale, contre ces personnes. M. Ojigho est notamment revenu sur le cas de Jones Abiri, journaliste arrêté par l’agence nationale de renseignement intérieur (DSS).

Celui-ci avait été détenu au secret pendant deux ans sans procès, pour ses liens présumés avec des rebelles du delta du Niger.

Aussi, l’ONG a-t-elle révélé le cas des milliers de personnes suspectées d’être des membres de Boko Haram, ou des indépendantistes biafrais du sud-est toujours portées disparues ou détenues par les services de renseignements.

A ce jour, 600 membres du groupe fondamentaliste chiite Mouvement Islamique du Nigeria (MIN) sont toujours introuvables, tandis que leur leader, Ibrahim Zakzaky, est en détention malgré une décision de justice de le libérer sous caution souligne Amnesty.

Pour le président nigérian Muhammadu Buhari, la sécurité du pays passe avant le maintien de l’Etat de droit. Des propos pour lesquels, il a été fortement critiqué.

Xavier-Gilles CARDOZZO