Home Afrique de l'Ouest Mali: le principal opposant saisit la justice pour « bourrage d’urnes »

Mali: le principal opposant saisit la justice pour « bourrage d’urnes »

Mali: le principal opposant saisit la justice pour « bourrage d’urnes »

Bamako  (© 2018 Afriquinfos)-Au Mali, le chef de fil de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, a fait part ce dimanche de son intention de saisir de la cour constitutionnelle du pays pour « bourrages d’urnes » par le camp du chef d’Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour de la présidentielle.

Selon un porte-parole de M. Cissé, « le candidat Soumaïla Cissé a déposé hier soir (samedi, NDLR) une vingtaine de recours auprès de la cour constitutionnelle pour bourrages d’urnes, violation de la loi électorale, irrégularités ».

« Les bourrages d’urnes expliquent notamment les scores d’IBK dans le Nord et le Centre », a-t-il affirmé.

Le camp de l’ex-ministre des Finances a ajouté avoir déposé « une requête en récusation de six des juges de la cour pour suspicion de partialité, dont la présidente », Manassa Danioko.

« Cette récusation est collective » et est portée par « les 17 candidats du front démocratique », a affirmé le parti de M. Cissé.

Composée de neuf juges, la Cour Constitutionnelle doit proclamer officiellement mercredi les résultats du premier tour pour que démarre la campagne du second tour qui se tient le 12 août et pour lequel Ibrahim Boubacar Keïta est donné grand favori.

La cour n’a pas confirmé la réception de cette saisine car « les requêtes viennent en confidentialité et sont directement remises au secrétaire de la présidente », a déclaré à l’AFP Mamadou Magassouba, secrétaire général de la cour constitutionnelle du Mali.

Il a refusé en outre de commenter les accusations de partialité portées par le camp Cissé.

Soumaïla Cissé, qui a recueilli le 29 juillet 17,8% des voix, contre 41,42% pour Ibrahim Boubacar Keïta, selon des résultats officiels proclamés jeudi soir, avait dénoncé dès vendredi des résultats « ni sincères, ni crédibles ».

La suspicion de fraude électorale, et en particulier de bourrages d’urnes, est sur toutes les lèvres des partisans de l’opposition, car le ministère de l’Administration territoriale a annoncé les résultats provisoires du premier tour seulement à l’échelle nationale.

Face à ce manque de détails, les allégations de manipulation du vote sont nombreuses, en particulier dans le Nord du pays, où le camp du chef d’État est accusé par l’opposition d’avoir profité des violences pour truquer les élections, ce qu’il était impossible dans l’immédiat de vérifier de manière indépendante.

AFP