Accueil Afrique du Nord Soudan du sud: signature d’un accord « préliminaire » sur le partage du pouvoir

Soudan du sud: signature d’un accord « préliminaire » sur le partage du pouvoir

Soudan du sud: signature d’un accord « préliminaire » sur le partage du pouvoir

Khartoum (© 2018 Afriquinfos)- Au Soudan du Sud, le gouvernement et les rebelles sont parvenus à la signature d’un accord « préliminaire » sur le partage du pouvoir.

Signé à Khartoum, l’accord-ci,  permettra le retour du dirigeant rebelle Riek Machar au poste de premier vice-président, a indiqué le ministre soudanais des Affaires étrangères.

Fin 2013, le Soudan du Sud s’est enfoncé dans une guerre civile lorsque Salva Kiir a accusé son vice-président Riek Machar de fomenter un coup d’État. Le conflit dans ce pays, indépendant du Soudan depuis 2011, a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Le 7 juillet MM. Kiir et Machar se sont entendus sur  le partage du pouvoir mais la signature avait été reportée en raison de divergences. Outre cela, ils avaient en prélude convenus d’instaurer un cessez-le-feu permanent et de retirer leurs troupes des zones urbaines.

En annonçant la signature de l’accord, le chef de la diplomatie soudanaise Al-Dirdiry Ahmed, a indiqué que « le document sur le partage du pouvoir a été signé et porte sur toutes les questions relatives à la période de transition ».

« Salva Kiir restera le président du Soudan du Sud et Riek Machar sera le premier vice-président », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de signature dans la capitale du Soudan, où se déroule depuis juin une nouvelle série de pourparlers de paix.

« Il y aura quatre autres vice-présidents répartis parmi les autres groupes politiques », a-t-il ajouté.

Une question encore à régler est le partage du pouvoir au niveau des régions et des départements. « Les négociations sur cette question vont se poursuivre jusqu’à la conclusion d’un accord », a assuré le chef de la diplomatie soudanaise.

« Nous avons apporté la paix au peuple du Soudan du Sud », a déclaré à la presse le ministre sud-soudanais de l’Information, Michael Makuei, après la signature de l’accord. « Nous allons continuer à travailler dur pour assurer la mise en oeuvre à la lettre de l’accord », a-t-il dit.

L’accord préliminaire a été salué par le groupe de Salva Kiir, le qualifiant de « grand accomplissement ».

Mais dans les rangs de l’opposition sud-soudanaise, certains avaient refusé de signer le document mercredi, tout en faisant état de discussions avec ces groupes, a indiqué le ministre soudanais des Affaires étrangères.

Selon ces détracteurs à l’accord, « il y a de l’incohérence quant à la formulation du partage des responsabilités, ce qui est discutable et ne peut pas être pris en considération », ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint.

Selon le document signé mercredi, le gouvernement de transition sera composé de 35 ministres –20 du groupe de Salva Kiir et neuf de celui de Riek Machar, le reste représentant les autres groupes.

Le Parlement comptera 550 députés, dont 332 du groupe de Salva Kiir et 128 de celui de Riek Machar.

Une commission indépendante se chargerait de décider du nombre de provinces du Soudan du Sud, a également annoncé le ministre soudanais des Affaires étrangères a également annoncé  tout en affirmant que l’accord définitif doit être signé le 5 août, a-t-il affirmé.

Il faut rappeler qu’en 2015,  un accord similaire avait été signé mais avait été violé après une bataille meurtrière à l’issue de laquelle Riek Machar était parti en exil.

L’ONU a imposé le 13 juillet un embargo sur les armes au Soudan du Sud, alors que les tractations diplomatiques n’avaient pas, en près de cinq ans de conflit, réussi à mettre un terme à la guerre civile.

Xavier-Gilles CARDOZZO