Home Afrique de l'Ouest Crise politico-sociale au Togo/Une semaine de toutes les incertitudes s’ouvre avec la reprise des marches de l’Opposition dans un contexte de grèves

Crise politico-sociale au Togo/Une semaine de toutes les incertitudes s’ouvre avec la reprise des marches de l’Opposition dans un contexte de grèves

Crise politico-sociale au Togo/Une semaine de toutes les incertitudes s’ouvre avec la reprise des marches de l’Opposition dans un contexte de grèves

TEMA (© 2018 Afriquinfos) – L’opposition togolaise a mis en garde «quiconque perturberait ses manifestations programmées sur trois jours les 11, 12 et 14 avril 2018 sur toute l’étendue du territoire togolais», alors même que l’Administration du Togo ne compte pas laisser tenir ces marches… Le tout dans un climat social des plus délétères.

 

Depuis la tenue de la 3è séance des travaux du 27è dialogue intertogolais le 23 mars dernier, les lignes de démarcation sur les sujets essentiels de ces discussions sont plus que jamais tranchées entre pouvoir et opposition au Togo.

A Accra ce 09 avril, la Coalition des 14 partis d’opposition qui manifestent depuis près de 8 mois pour exiger les réformes a signifié son intention de reprendre les marches, tout en réaffirmant sa disponibilité à continuer le dialogue ! De l’avis de ces opposants, le facilitateur Nana Akufo-Addo «ne s’est montré ni pour ni contre la tenue de ces manifestations mais a demandé à ces opposants du Togo de faire en sorte que ces marches» pacifiques ne tournent pas au vinaigre.

Dans la capitale ghanéenne ces derniers jours, une délégation du parti au pouvoir au Togo (UNIR) a de son côté expliqué au Président ghanéen que l’Etat togolais a relancé la machine électorale (censée être suspendue durant les sessions du dialogue intertogolais) pour respecter les échéances électorales prévues par la Constitution. Une «préparation et relances unilatérales de l’organisation des prochaines élections» au Togo que compte dénoncer les 11, 12 et 14 avril prochains l’opposition togolaise.

Quelle réaction de l’autorité face à la tenue des marches ?

En attendant une ultime réponse du Gouvernement togolais à cette annonce de manifestations, il faut souligner qu’elle intervient dans un contexte social particulièrement chargé en République togolaise depuis le début de l’année.

A trois mois des grandes vacances académiques au Togo, les élèves du public n’ont suivi à peine que 30 jours de cours sur les 06 mois qu’ils ont déjà passés à l’école. La faute à un bras de fer interminable entre enseignants très tenaces à «leurs primes et à leur statut particulier à compter de l’année académique 2017-2018» et un Gouvernement lent dans la réaction. Au même moment, dans le secteur sanitaire, les «praticiens du public réclament des meilleures conditions de travail et un recrutement de personnel à la hauteur des besoins dans ce secteur». Au nom de ces revendications, le secteur éducatif vit des grèves sèches depuis bientôt octobre 2017 ; il a été rejoint depuis près de deux mois par la corporation des soignants qui orchestre tantôt des grèves sèches, tantôt des grèves avec service minimum.

La coupe de la contestation sociale est pleine la semaine du 09 au 13 avril avec les mouvements de grève en cours des enseignants, des praticiens hospitaliers publics et surtout des fonctionnaires qui exigent «le doublement de la valeur indiciaire ; la réinstauration de l’indemnité de départ à la retraite et l’apurement des arriérés à tous les retraités (y compris ceux partis le 1er avril 2011». Il en va de même de leur exigence de «l’élaboration, l’adoption et l’application de tous les statuts particuliers identifiés par la loi portant Statut général de la Fonction publique. De même que l’application intégrale des statuts des corps habillés (police, sapeurs-pompiers, pénitenciers et militaires) qui le sont partiellement».

Les 18 et 19 octobre 2017, dans un pareil contexte d’interdiction des «marches pacifiques de l’opposition» togolaise, des affrontements ont opposé forces de l’ordre et manifestants (avec à la clé de nombreuses arrestations) et surtout des violences mortelles ont été exercées dans plusieurs quartiers de Lomé par des milices jugées proche du parti au pouvoir. Une activité de milices dénoncée par le ministre togolais de la Sécurité, D. Yark, et par plusieurs chancelleries dont celle des USA au Togo. Les enquêtes exigées ou ouvertes sur le sujet depuis près de sept mois n’ont permis de mettre la main sur personne !

 

Par Bella Edith & Xavier Gilles