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Nigéria : la « Mona Lisa africaine » découverte à Londres vendu à plus de 1.3 millions d’euros

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Londres (© Afriquinfos 2018)-Le portrait de la princesse Ife Adetutu Ademiluyi, surnommée « Tutu », peint en 1974 par l’artiste nigérian Ben Enwonwu, a été vendu aux enchères ce 28 février par la maison Bonhams.

Une « Mona Lisa africaine », véritable icône au Nigeria, a été vendue 1,2 million de livres (1,36 million d’euros) aux enchères à Londres, mercredi 28 février, soit quatre fois son estimation la plus haute et un record pour l’artiste. Le tableau, un portrait de la princesse Ife Adetutu Ademiluyi, surnommée « Tutu », peint en 1974 par l’artiste nigérian Ben Enwonwu, était estimé entre 200 000 et 300 000 livres.

Le portrait fut perdu de vue après sa dernière exposition, en 1975. « Depuis quarante ans, c’est une peinture légendaire, tout le monde en parle, se demande où est “Tutu” ? », a rappelé le romancier nigérian Ben Okri, lauréat du Booker Prize.

« Le portrait de Tutu est une icône nationale au Nigeria et a une grande signification culturelle. Je suis ravi que cela ait suscité autant d’intérêt et établi un nouveau record du monde pour l’artiste. C’est très excitant d’avoir joué un rôle dans la découverte et la vente de ce travail remarquable », a commenté Giles Peppiatt, directeur de l’art moderne africain chez Bonhams.

« L’artiste n’a pas simplement représenté la jeune fille, il a représenté toute la tradition. C’est un symbole d’espoir et de régénération au Nigeria, le symbole du phénix renaissant de ses cendres. »

Ben Enwonwu a peint trois versions de Tutu, mais les trois tableaux avaient disparu jusqu’à ce que l’un d’eux soit retrouvé par Giles Peppiatt, directeur de l’art moderne africain chez Bonhams. Des particuliers l’avaient contacté après le succès de ventes d’art nigérian.

Le tableau est estimé entre 200 000 et 300 000 livres (226 000 à 339 000 euros). Mais pour Ben Okri, sa valeur est plus que financière. Cela va « lancer le débat », estime-t-il : les peintres africains n’ont « jamais eu » l’attention qu’ils méritent, selon lui. « C’est l’œuvre parfaite pour commencer » à se demander pourquoi, ajoute-t-il.

Xavier-Gilles CARDOZZO