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Tunisie : une loi porteuse d’espoir pour les femmes victimes de violences

Tunisie : une loi porteuse d’espoir pour les femmes victimes de violences

Tunis (© Afriquinfos 2018)-En Tunisie, une nouvelle loi contre les violences faites aux femmes vient de rentrer en vigueur.

Adoptée en juillet et, entrée en vigueur le 1er février, la nouvelle législation élargit considérablement la définition des violences pouvant être exercées à l’encontre des femmes. Elle reconnaît, en plus des violences physiques, les violences morales, sexuelles et celles relevant de l’exploitation économique.

C’est « une avancée réelle (…) qui peut changer des vies », « l’aboutissement de 25 ans de lutte des féministes tunisiennes », se félicite Ahlem Belhadj, de l’ATFD.

La Tunisie était déjà considérée comme pionnière en Afrique du Nord et au Moyen-Orient en matière de droits des femmes depuis l’adoption en 1956 du Code du statut personnel, qui a notamment aboli polygamie et répudiation.

Au moins une Tunisienne sur deux a toutefois été victime de violences selon les chiffres officiels, et « ce n’est que la partie visible de l’iceberg » d’après Mme Belhadj.

Le nouveau texte pénalise le harcèlement sexuel, l’emploi d’enfants comme employées domestiques et prévoit des amendes pour les employeurs qui paient moins les femmes que les hommes à travail égal.

Mais « le hiatus entre la législation et la réalité a toujours existé » en Tunisie, avertit Mme Belhadj. « Il ne suffit pas d’adopter des lois, il faut veiller aux conditions de leur application ».

Et le chemin est encore long en l’absence d’un budget spécifique consacré à la mise en place des dispositions de la loi, selon Mme Belhadj.

Il reste aussi à faire connaître la loi partout dans le pays, en particulier dans les zones rurales, et à convaincre les sceptiques de l’importance du texte.

A voir des femmes occuper des postes à responsabilité, certains pensent que la bataille des droits des femmes est gagnée, a dit Mme Jerbi à la radio Express FM. Or nombreuses sont celles à être exploitées au quotidien, comme les travailleuses agricoles, nettement moins payées que les hommes, qu’on transporte « tous les jours entassées les unes sur les autres dans un camion » au risque de leur vie, a-t-elle rappelé.

Xavier Gilles CARDOZZO