Cote d’Ivoire: des licenciements à la BAD, « le changement s’accompagne...

Cote d’Ivoire: des licenciements à la BAD, « le changement s’accompagne toujours de bruit, de rumeurs ou même de procès d’intention » Akinwumi Adesina

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Abidjan  (© Afriquinfos 2018)- Le président de la banque africaine de développement (Bad) a répondu à ses détracteurs, et donné sa version des faits à l’occasion du traditionnel déjeuner du nouvel an en l’honneur des membres du corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire, axé autour du thème principal de la rencontre annuelle avec les ambassadeurs des Etats membres de la Banque africaine de développement (Bad) était bien libellé : « Bad : Progrès et perspectives de développement de l’Afrique ».

Selon M. Adesina, la BAD sera mieux outillée pour remplir sa mission et accélérer l’obtention de résultats. La Banque n’est pas une maison de retraite.

En effet, des licenciements intervenus à la Bad, notamment celui du vice-président Albéric Kacou, le premier ivoirien à atteindre ce niveau de responsabilité au sein de l’institution, n’a laissé nul indifférent. Devant cette assistance, le président Adesina se devait de lever le silence. « Je sais que vous avez probablement entendu parler de quelques changements intervenus à la Banque. Je puis vous assurer que tout se passe bien à la Banque », a-t-il assuré. Avant de donner sa lecture des événements : « Les actionnaires nous ont demandé de mener des réformes. Et c’est exactement ce que nous faisons. Ils nous ont demandé d’optimiser les ressources. Et c’est exactement ce que nous faisons. Ils nous ont demandé de changer la culture à la Banque, pour passer d’une culture de « droits acquis » à une culture de la performance. Et c’est exactement ce que nous faisons. Aucune organisation ne peut exceller dans la performance sans mettre l’accent sur la responsabilité en matière de résultats ».

« Nous travaillons dur, très dur, pour faire de la Banque une organisation plus souple, plus efficace, axée sur les résultats ; une organisation qui accélère le développement de l’Afrique, qui se fixe les normes de performance les plus hautes, qui réalise plus ; une organisation leader. La vieille culture des droits acquis est ébranlée et, comme vous pouvez l’imaginer, nous rencontrons de la résistance. Le changement s’accompagne toujours de bruit, de rumeurs ou même de procès d’intention. Mais attention, ne confondons pas rumeurs et faits », a-t-il recommandé.

« La Bad n’est pas une maison de retraite selon Akinwumi Adesina

Le président s’est voulu rassurant : « Mais je peux vous assurer que nous y arriverons, car nous ne pourrons répondre aux attentes de l’Afrique que lorsque toutes nos actions seront axées sur la performance. L’entraineur d’une équipe de football doit, s’il veut gagner, s’assurer que ses joueurs sont disciplinés et ont la volonté de remporter leurs matchs. La Banque africaine de développement sera mieux outillée pour remplir sa mission et accélérer l’obtention de résultats. La Banque n’est pas une maison de retraite. Et dans ce processus de réformes, nous savons pouvoir compter sur votre soutien indéfectible. Soyez en sûrs, nous ne vous décevrons pas! »

Akinwumi Adesina a par la suite insisté sur ses « succès ». En 2017, a-t-il souligné, la Banque a obtenudes résultats remarquables en matière de développement sur le terrain, ce qui compte le plus. 4,4 millions de personnes se sont vues ouvertes l’accès à l’électricité grâce à notre priorité Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie des High 5. 8,5 millions d’Africains ont accès à des technologies agricoles améliorées, à la faveur de notre priorité Nourrir l’Afrique. Notre programme Intégrer l’Afrique des High 5 a permis à 14 millions d’Africains d’avoir un meilleur accès aux transports. Notre priorité Industrialiser l’Afrique des High 5 a fourni à 210 000 petites entreprises un accès aux services financiers. Et notre priorité Améliorer la qualité de vie des populations africaines des High 5 a ouvert à 8,3 millions d’Africains un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement.

Au chapitre du secteur privé, a-t-il égrené, un grand nombre d’investissements intéressants ont été réalisés. À titre d’exemple, nous avons soutenu Global Aluminium Corporation à hauteur de 100 millions de dollars dans le cadre d’une transaction d’un montant de 1,2 milliard de dollars, pour réaliser des investissements dans des infrastructures ferroviaires et portuaires. Ces investissements devraient apporter 400 millions de dollars supplémentaires au PIB guinéen.

Parlant de l’avenir immédiat au niveau de la banque et de ses opérations, « Avec des ressources suffisantes entre 2018-2020, promet le président, la Banque prévoit de fournir à 35 millions d’Africains l’accès à l’électricité ; nos activités relatives à la priorité Nourrir l’Afrique permettront à 45,8 millions de personnes de bénéficier d’un meilleur accès aux technologies agricoles ; au titre de la priorité Intégrer l’Afrique, 50 millions d’Africains auront un meilleur accès aux transports.

Dans la cadre de notre priorité stratégique « Industrialiser de l’Afrique », 7 millions personnes bénéficieront des projets d’investissement, et pour l’amélioration de la qualité de la vie, 36,8 millions de personnes auront un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement ».

Afin de mobiliser des fonds de pension, des fonds souverains et des investisseurs institutionnels africains et mondiaux en faveur de l’investissement en Afrique, la Banque a lancé le Forum pour l’investissement en Afrique, qui se tiendra du 7 au 9 novembre à Johannesburg, en Afrique du Sud. Ce forum aura un caractère purement transactionnel et devrait devenir le premier marché d’investissement en Afrique, se réjouit d’ores et déjà M. Adesina qui table sur une prochaine augmentation de capital de l’institution, qui aurait déjà reçu, à l’en croire, « le fort soutien du Conseil d’administration, des gouverneurs de la Banque, et des ambassadeurs représentant nos pays actionnaires ».