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Nigeria : Muhammadu Buhari fait l’objet de vives critiques après une année passée à la présidence

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Abuja (© 2018 Afriquinfos) – L’ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo a ouvert la voie aux critiques, en écrivant mi-janvier une tribune lapidaire contre l’actuel chef d’Etat, Muhammadu Buhari. Ibrahim Babangida, autre ex-président, lui a emboîté le pas, alors que la course pour la prochaine élection semble déjà lancée.

« Il y a des moments dans la vie où l’intérêt de la nation doit prendre le pas sur les ambitions personnelles », a écrit dimanche dans un communiqué Babangida, surnommé IBB.

Il a conseillé au président Buhari qu’il a décrit comme « datant de l’ère analogique », de laisser la place à un dirigeant « numérique ».

Le général Babangida avait pris la tête du Nigeria en 1985 par un coup d’Etat non-violent, pour déloger… Muhammadu Buhari, lui-même parvenu au pouvoir par un putsch militaire. Homme d’Etat respecté, IBB avait du quitter le pouvoir en 1993, sous la pression de la rue.

Ce communiqué est un signe clair de ralliement à Obasanjo, qui a décidé de créer un « mouvement » contestataire, « la coalition pour le Nigeria », qui pourrait se transformer en parti politique d’ici la prochaine présidentielle, prévue en février 2019.

Dans sa longue tribune publiée dans la presse locale, l’ex-président Obasanjo a demandé à Buhari de « considérer le repos » plutôt qu’un second mandat, alors que des voix s’élèvent déjà pour apporter un soutien à une future candidature du chef de l’Etat, âgé de 75 ans.

Bien que les principaux partis n’ont pas encore désigné leur candidat pour l’élection suprême, la course à la présidentielle (et aux primaires) semble déjà avoir commencé.

Le président nigérian, qui a pourtant passé l’essentiel de l’année dernière à Londres où il était soigné pour une maladie gardée secrète par son entourage, est pour l’instant vu comme le candidat le plus probable, pour représenter le parti au pouvoir, l’APC (All Progressive Congress).

Mais au sein-même de ce parti, Buhari déçoit, notamment en raison de son favoritisme affiché pour ses proches issus du Nord musulman, tout comme lui, à la tête des postes clés.

Pour le politologue Chris Ngwodo, ces deux critiques, venant d’ancien hommes d’Etat qui pèsent sur la scène politique nigériane, indique clairement que la contestation grandit contre le président Buhari.

Ancien dirigeant militaire, considéré comme austère et sévère, Buhari a marqué l’histoire du pays en remportant le scrutin de 2015, première année où l’opposition renversait par les urnes le pouvoir en place.

Son discours anti-corruption avait notamment séduit une jeunesse éduquée et réussit à effacer – au moins dans les centres urbains – les oppositions historiques entre le nord musulman et le sud chrétien.

Vignikpo Akpéné