Décès de la légende de l’afro-jazz et militant anti-apartheid Hugh Masekela

Décès de la légende de l’afro-jazz et militant anti-apartheid Hugh Masekela

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Johannesburg  (© Afriquinfos 2018)- Légende sud-africaine du jazz et figure de la lutte contre l’apartheid, le trompettiste et chanteur Hugh Masekela est décédé mardi à 78 ans, suscitant de nombreux hommages pour saluer sa musique « intemporelle » et son engagement politique.

« C’est avec une immense tristesse que la famille de Ramapolo Hugh Masekela annonce son décès. Après une courageuse bataille contre un cancer de la prostate, il est décédé paisiblement à Johannesburg, entouré de ses proches », a rapporté la famille dans un communiqué.

Le président sud-africain Jacob Zuma a salué « un artiste de jazz, un trompettiste de légende, un défenseur de la culture et un vétéran de la lutte de libération » contre le régime ségrégationniste.

« Il a gardé vivante la flamme de la liberté en luttant, grâce à sa musique, contre l’apartheid », a estimé M. Zuma.

« Un géant (de la musique) nous a quittés », a réagi le musicien sud-africain Johnny Clegg. « Extraordinaire ambassadeur de l’Afrique du Sud pendant six décennies, en tant que musicien et militant politique », il a « inventé son propre style qui a profondément marqué le jazz sud-africain ».

Hugh Masekela avait fui le régime de l’apartheid dans les années 1960 et n’était rentré dans son pays qu’après la libération en 1990 de Nelson Mandela, icône de la lutte contre le racisme institutionnel.

Parmi ses plus grands tubes figurent « Bring Him Back Home » (Ramenez-le chez lui), en hommage au futur prix Nobel de la paix, et « Grazing in the Grass », un morceau instrumental à la trompette rythmé par… une cloche de vache.

Adolescent, il avait reçu sa première trompette d’un prêtre engagé dans la lutte contre le régime de l’apartheid, Trevor Huddlestone. « Je l’ai prise et je me suis senti comme un poisson dans l’eau », racontait Masekela.

Elevé par sa grand-mère dans la petite ville de Witbank (nord), il expliquait que c’était là, entouré de mines de charbon, que son « âme avait été emportée par la musique ».

Innocente Nice