Ghana : Le président Nana Akufo Addo s’engage à éradiquer la corruption

Ghana : Le président Nana Akufo Addo s’engage à éradiquer la corruption

SHARE

Accra (© Afriquinfos 2018)- Le débat sur la lutte contre la corruption est relancé au Ghana. Il bat même son plein depuis que le président ghanéen Nana Akufo Addo a promulgué début janvier un projet de loi portant création du nouveau Bureau du procureur spécial (OSP). Soit une agence spécialisée chargée d’enquêter sur les affaires de corruption impliquant des fonctionnaires, des personnes politiquement exposées et des personnes du secteur privé.

L’objectif surtout d’éviter l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Entré en fonction il y a tout juste un an, le chef de l’État ghanéen a fait de la lutte contre la corruption une de ses promesses de campagne.

« Mon espoir et mes attentes sont que la création de ce bureau va constituer une étape importante dans notre détermination collective à éradiquer la corruption de la vie publique de notre pays. Nous savons tous que cela a été un fléau majeur dans le développement du Ghana », a déclaré mardi 2 janvier le président ghanéen lors d’une cérémonie au sein de Flagstaff House, le palais présidentiel. Alors que la corruption est un problème épineux qui imprègne chaque tissu de la société ghanéenne, en particulier le secteur public, Nana Akufo Addo estime que c’est « l’un des pires fléaux qui s’opposent au développement du Ghana ».

7e rang en Afrique

Selon les rapports publiés tant sur le plan national que sur le plan international, le Ghana, exemple de démocratie, a perdu des points ces dernières années dans la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption notamment d’après Transparency International qui classe le Ghana au 7e rang africain (56e mondial), derrière le Botswana, le Cap Vert, les îles Seychelles, le Rwanda, les îles Maurice et la Namibie. L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique va plus loin, bien que le Ghana soit toujours classé huitième sur 54 pays africains, l’étude annuelle publiée fin novembre 2017 de Mo Ibrahim révèle que, sur une échelle de 0 à 100, la qualité de la gouvernance a diminué de 1,5 point.

Doté d’un fort potentiel, le Ghana est le 2 e producteur d’or du continent après l’Afrique du Sud et 2 e producteur mondial de cacao après la Côte d’Ivoire. Avec un PIB de 35,9 milliards de dollars en 2015 (33,8 milliards d’euros), le Ghana est aussi la 2 e économie de la Cedeao, juste derrière le Nigeria et devant la Côte d’Ivoire.

En décembre 2015, vingt juges avaient été limogés pour corruption. Aussi une centaine de personnels de justice, ont été filmés par un journaliste acceptant des pots-de-vin pour délivrer des jugements ou pour obtenir des postes. Douze autres magistrats de cour d’appel étaient visés par les investigations. L’ex-président John Dramani Mahama n’a pas non plus été épargné, puisqu’en juin 2016, il a été accusé d’avoir reçu une voiture en contrepartie d’un contrat lucratif. Une enquête a été menée et fin septembre 2016 le président est blanchi, le jour-même où il présente sa candidature officielle pour la présidentielle du 7 décembre de l’an dernier.

V.A