La Russie veut renforcer la Centrafrique en matière d’arme

La Russie veut renforcer la Centrafrique en matière d’arme

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CC BY hdptcar. Rebelles au nord de la Centrafrique"/>

Moscou  (© Afriquinfos 2017)- Moscou a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU une exemption à l’embargo sur les armes afin d’équiper deux unités de l’armée en cours de formation, a-t-on appris, mardi 12 décembre, de sources diplomatiques.

Une demande qui rejoint la volonté des Nations Unies de voir se renforcer une armée encore faible, dépourvue de formation et d’équipements.  Selon l’une de ces sources, la Russie a toutefois suscité des inquiétudes de la France sur les conditions de stockage des armes et munitions fournies.

La décision d’accepter la demande de la Russie a été mise sous « procédure de silence » jusqu’à mercredi à 20 heures, selon des diplomates. Elle sera considérée comme adoptée par le Conseil de sécurité si aucun membre ne vient rompre le silence.

Une première livraison pourrait alors intervenir dès lundi, avec deux autres prévues les 1er février et 1er avril, selon Moscou. Deux bataillons totalisant 1 300 hommes seraient équipés, avec notamment 900 pistolets Makarov, 5 200 fusils d’assaut AKM, 140 armes de précision, 840 kalachnikovs, 270 lance-roquettes RPG et 20 armes anti-aériennes. Les livraisons comprendraient également des munitions.

Outre cette demande d’assister la force centrafricaine, la Russie a aussi proposé d’entraîner l’armée centrafricaine à l’utilisation de ces armes, un projet qui doit encore recevoir un feu vert de l’ONU.

Selon une source diplomatique, la France a récemment rompu une première procédure de silence pour demander des précisions à la Russie. Pour Paris, s’il est bien prévu que l’embargo sur l’acquisition d’armes, instauré en 2013, puisse faire l’objet d’exemptions, il faut que ce processus soit étroitement encadré et contrôlé.

A la mi-novembre, le Conseil de sécurité a prolongé d’un an sa force de paix en Centrafrique, la Minusca, en la renforçant de 900 militaires. A terme, cette mission doit être remplacée par les Forces armées centrafricaines (FACA). Fin octobre, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, avait promis que les premières forces formées par l’Union européenne seraient déployées d’ici à trois mois malgré l’embargo.

La Centrafrique est minée par les conflits depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition pro-musulmane, l’ex-Séléka, qui a entraîné une contre-offensive de milices pro-chrétiennes autoproclamées d’« autodéfense », les anti-balaka.

Ces conflits ont entrainé le déplacement de plus de 600 000 personnes en Centrafrique et 500 000 réfugiées dans des pays voisins.

V.A