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Burundi : la campagne pour le référendum constitutionnel démarre chez le président Nkurunziza

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© AFP/Archives Junior D. Kannah. Le président du Burundi Pierre Nkurunziza le 9 juin 2013 à Bujumbura"/>

Gitega (© Afriquinfos 2017)-Un projet de réforme constitutionnelle agite les débats politiques au Burundi. Aucune date n’a été encore fixée pour ce rendez-vous, mais le président Pierre Nkurunziza y est déjà engagé.

En déplacement dans la province de Gitega, ce mardi, le président burundais a invité la population à supporter les amendements apportés à la loi fondamentale du pays. Entre autres mesures fortes de ce texte qui donnera lieu à un référendum, l’extension du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable.

L’opposition est cependant intraitable à ce sujet : toute tentative de modification constitutionnelle dans ce sens donnera lieu à de vives protestations. Au mois d’octobre, lorsque l’annonce d’un projet de réforme constitutionnelle a été faite, opposition et société civile avaient marqué leur vive indignation.

“Pierre Nkurunziza joue avec le feu. Cette révision pourrait causer une nouvelle période d’insécurité dans le pays et provoquer l’irréparable, c’est-à-dire une crise politique qui ne pourrait plus être résolue”, confiait ainsi Me Armel Niyongere, l’une des principales figures de la société civile burundaise en exil, à Jeune Afrique.

Pour les opposants à Bujumbura, le président Pierre Nkurunziza n’a d’autre objectif que de se maintenir au pouvoir et briguer dès 2020 deux nouveaux septennats.

Dans le texte, ce projet de révision de la Constitution prévoit que “le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable”, mais ajoute qu’ “aucun président ne peut diriger plus de deux mandats consécutifs”.

À l‘évidence, le Burundi est reparti pour de longues tractations sur ce nouveau texte qui modifie en profondeur l’esprit de sa Constitution, issue des négociations d’Arusha qui ont mis fin à une guerre civile, responsable de plus de 300 000 morts entre 1993 et 2006.

D’ailleurs, c’est l’interprétation de la loi fondamentale du pays qui avait mis le Burundi à feu et à sang lors de la présidentielle de 2015 qui a vu la réélection de Pierre Nkurunziza. Accusé par ses détracteurs de briguer un troisième mandat consécutif – et donc de violer la Constitution – Pierre Nkurunziza s’en était défendu.

Le dirigeant a du reste fait valoir que lors de son premier mandat, en 2005, il avait été élu par le Parlement et non par le peuple. Il aurait donc commencé son premier mandat constitutionnel lors de la présidentielle de 2010, boycottée âr l’opposition. Malgré tout, son mandat débuté en 2015 est qualifié “d’anticonstitutionnel” et lui vaut des sanctions internationales. Ce mandat expire en 2020.

I.N