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RDC : manifestations interdites, des cadres de l’opposition interpellés

RDC : manifestations interdites, des cadres de l’opposition interpellés

Kinshasa (© Afriquinfos 2017)- Interdiction de manifester, déploiement d’importants effectifs d’agents de l’ordre et bien d’autres mesures restrictives de libertés…. Les autorités de Kinshasa durcissent le ton face à une opposition qui tient coûte que coûte au départ du Président Kabila.

Une forte présence sécuritaire était visible à Kinshasa jeudi aux premières heures d’une journée de marches de l’opposition en République démocratique du Congo contre le président Joseph Kabila interdites par les autorités.

Dans la capitale, au moins deux jeunes ont été interpellés dans un quartier populaire et sur la route du campus universitaire étroitement surveillée par une forte présence militaire. L’un des deux a été battu par des militaires.

Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop) a appelé les Congolais à descendre dans la rue pour demander le départ du président Kabila dès la fin de l’année et contre le calendrier électoral qui prévoit des élections le 23 décembre 2018.

Les marches ont été interdites à Kinshasa, Goma (est) et dans d’autres villes par les autorités locales. “La police va décourager tous ceux qui empêcheraient les autres de vaquer librement à leurs occupations”, a prévenu son porte-parole le colonel Mwanamputu, dénonçant “le bras de fer” de l’opposition avec les autorités.

Au moins trois militants de l’opposition auraient été “enlevés” à Kinshasa et Goma par les forces de sécurité, a dénoncé jeudi matin le Rassop en donnant les noms. Le Mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) dénonce l’arrestation de dix militants dans le Sud-Kivu sans donner encore de noms.

Arrêtés et déportés à 10km de Goma, nous sommes au nombre de 22 et entamons une grève de la faim illimitée pour 1) exiger le départ de Kabila et son régime; 2) dénoncer la répression continue en

Mardi, la dispersion de manifestations à Goma et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, a entraîné “au moins six blessés et l’arrestation arbitraire d’au moins 26 personnes”, selon la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

La Monusco a de nouveau demandé mercredi aux autorités de “respecter la liberté des réunions et des manifestations”.

L’ambassade de France a conseillé mercredi soir à ses ressortissants en RDC de limiter leurs déplacements et “de s‘éloigner de tout rassemblement suspect”.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 selon la Constitution.

Des élections devraient avoir lieu au plus tard en décembre 2017, selon un accord pouvoir-opposition conclu sous l‘égide de l‘épiscopat le 31 décembre 2016.

Des cadres de l’opposition viennent d‘être interpellés en RDC.

Mais, à peine l’opposition venait de marquer les premiers pas qu’ils ont été stoppés et interpellés par la Force publique. Le cas de Martin Fayulu du Rassemblement de l’opposition (RASSOP) et de Jean-Marc Kabund de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), deux formations politiques appartenant à l’opposition. Selon des témoins, Martin Fayulu par exemple aurait été embarqué dans une jeep de la police de couleur noire.

Et très tôt, ce matin, explique Martin Fayulu, la police tentait déjà de dissuader les militants de l’opposition. « Ces militaires et policiers qui sont postés ici, essaient de nous agresser. Ils ont essayé d’entrer pour faire sortir tout le monde… Ils sont dehors et on se regarde en chiens de faïence ! » , racontait Martin Fayulu ce matin à des journalistes. Et en ce moment, Félix Tshisekedi serait bloqué à sa résidence par les forces de l’ordre.

Des interpellations confirmées par le directeur général de la police, le Général Sylvano Kasongo. Lequel indique que la dizaine de membres du Rassemblement ont été interpellés pour avoir bravé l’interdiction de manifester décidée par le gouvernement.

Les personnes interpellées seraient en train d‘être entendues au Commissariat de police de la Commune de Limete, d’après le directeur général de la Police.

En attendant l’issue de ces interrogatoires, la crise politique s’aggrave davantage et fait souffler un vent d’incertitude en RDC.

AFP