Gabon, les anciens travailleurs malades d’Areva demandent à être dédommagés

Gabon, les anciens travailleurs malades d’Areva demandent à être dédommagés

SHARE
Domaine Public. Logo d'Areva."/>

Franceville (© Afriquinfos 2017)- « On est tous malades! Au niveau de la santé, ils nous couillonnent ! » A 82 ans, Moïse Massala, géochimiste en retraite n’en finit plus de pester contre son ancien employeur, la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (Comuf), filiale du groupe français Areva au Gabon.

Comme Moïse, des centaines d’anciens travailleurs gabonais de la Comuf réclament réparation – sans succès depuis douze ans – pour des maladies qu’ils estiment être liées à leur travail, dans la mine d’uranium exploitée entre 1958 et 1999 par le groupe nucléaire dans le sud-est du pays.

Ceci alors que deux familles d’anciens travailleurs français de la Comuf ont été indemnisées en France, et qu’Areva a reconnu, dans un mail interne que l’AFP a pu consulter, que « de nombreuses maladies graves ont été détectées » chez d’anciens travailleurs gabonais.

« Ça fait dix ans que j’ai du mal à respirer, l’air ne passe plus ». Roland Mayombo, 77 ans, « dont vingt-sept à la mine », participe activement à la lutte du collectif formé par 1.618 anciens employés gabonais de la filiale d’Areva, le Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf (Matrac), pour faire reconnaître leur cause.

Mais si le groupe nucléaire français avait accepté de créer un Observatoire de la Santé (OSM, lancé avec l’Etat gabonais), en 2010, pour « suivre l’état des travailleurs et les indemniser », Areva a toujours affirmé qu' »aucune maladie professionnelle liée à l’exposition aux rayonnements ionisants » n’y a jamais été décelée.

En 2015, dans un mail interne à la Comuf, consulté et authentifié par l’AFP auprès de plusieurs destinataires, le directeur santé d’Areva, Pierre Laroche, admet pourtant que « de nombreuses maladies graves ont été détectées chez des anciens salariés comme par exemple des tuberculoses en phase contagieuse ».

Pour les anciens travailleurs, ce courrier est la reconnaissance officieuse de leurs blessures, et justifie indemnisations – même si ces maladies ne sont peut-être pas reconnues comme étant radio-induites.

I.N