Niger: 27 hippopotames abattus en cinq mois dans l’ouest

Niger: 27 hippopotames abattus en cinq mois dans l’ouest

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© Afriquinfos. Des hippopotames dans les eaux du Lac Tanganyika."/>

Ayorou (© Afriquinfos 2017)-Au moins vingt-sept hippopotames, accusés par des populations de commettre des dégâts sur les cultures et le bétail, ont été « illégalement » abattus depuis mars dans la zone touristique d’Ayorou, dans l’ouest du Niger, ont indiqué jeudi à l’AFP les autorités préfectorales.

« Au moins 27 hippopotames ont été abattus illégalement depuis mars, principalement dans des villages insulaires du fleuve Niger », a précisé à l’AFP le Préfet d’Ayorou, Jando Rhichi Algaher. Selon le préfet, « le massacre des hippopotames » a commencé « en mars et a ensuite pris une ampleur dramatique ».

Fin juin, des patrouilles des Forces de défense et de sécurité (FDS) le long du Niger « ont permis de ralentir l’hécatombe », dans les villages insulaires et riverains concernés, a-t-il expliqué.

« Les populations se sont permis d’abattre illégalement un nombre important d’hippopotames, alors que cette espèce est protégée », a dénoncé à la radio publique, Almoustapha Garba, le ministre de l’Environnement qui s’est rendu mercredi à Ayorou. « Nous avons exhorté les populations à ne plus enfreindre la loi » et « nous avons noté leurs préoccupations » relatives « à la cohabitation avec les hippopotames », a assuré le ministre qui a promis des compensations pour les paysans victimes des hippopotames.

A Ayorou, la tension est toujours vive entre autochtones et autorités depuis l’arrestation d’une dizaine de personnes soupçonnées d’avoir abattu un hippopotame, ont affirmé des témoins à l’AFP. Certaines personnes arrêtées ont été « relaxées par la justice », a relevé le préfet.

Située sur les berges du fleuve Niger, à 200 km de Niamey, Ayorou a été la perle du tourisme nigérien grâce à sa forte concentration d’hippopotames.

En mai, des chefs coutumiers ont déjà alerté sur les dégâts causés par des hippopotames et qui compromettent les récoltes et la navigation sur le fleuve.

Face à l’inertie des autorités locales, des victimes se font parfois justice elles-mêmes, en abattant les animaux envahisseurs.

Des troupeaux d’hippopotames, à la recherche d’herbes fraîches ou d’eaux profondes, s’aventurent régulièrement jusque près de la capitale, Niamey, et y sèment souvent la panique.

En 2014, douze écoliers – sept filles et cinq garçons âgés de 12 à 13 ans – avaient été tués dans l’attaque d’une pirogue par un hippopotame sur le fleuve Niger, à Liboré, une bourgade près de Niamey.

AFP