Gabon: ouverture d’une enquête judiciaire après l’assaut de plusieurs médias

Gabon: ouverture d’une enquête judiciaire après l’assaut de plusieurs médias

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Libreville (© Afriquinfos 2017)- Après l’intrusion d’hommes armés dans plusieurs médias à Libreville, exigeant la diffusion d’un appel d’un opposant fixant un ultimatum au président Ali Bongo Ondimba ce vendredi, la justice gabonaise a ouvert une enquête en attendant la venue mardi d’une mission de la Cour pénale internationale (CPI).

« Ce vendredi, plusieurs rédactions de médias publics et privés de Libreville ont été prises d’assaut, de manière synchronisée, par des groupes d’individus armés et encagoulés dans le but de diffuser un message audio et vidéo incitant le peuple gabonais à la révolte », a rappelé le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong, dans un communiqué publié samedi par le quotidien national L’Union.

Face à ces « déclarations d’une extrême gravité », le procureur a décidé d' »ouvrir immédiatement une enquête judiciaire ».

Les propos en cause ont été prononcés par Roland Désiré Aba’a Minko, rallié à Jean Ping, le rival d’Ali Bongo lors de la présidentielle contestée de 2016. Mais le camp de M. Ping a dénoncé « la confusion » créée par les agissements de M. Aba’a Minko.

Economiste de formation, Aba’a Minko avait organisé un point de presse à proximité du mausolée de feu Léon Mba, le premier président du pays et père de l’indépendance.

Dans sa communication, il a donné trois jours au chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba pour quitter le pouvoir. M. Aba’a Minko avait en outre déclaré « avoir miné tous les bâtiments administratifs et ministériels » et menacé de les faire exploser.

Dans le même temps, des hommes non identifiés et équipés d’armes blanches se sont introduits vendredi matin dans les locaux de plusieurs médias dont la chaîne d’Etat Gabon Télévisions, pour tenter de diffuser un message audio se réclamant de M. Aba’a Minko.

Incident sécuritaire également à la délégation sécuritaire

A la délégation de l’Union européenne, « un incident sécuritaire » a également eu lieu, a confirmé samedi une représentation diplomatique dans un communiqué, « du fait de l’intrusion d’un individu proférant des menaces dans les locaux ».

  1. Roland Désiré Aba’a Minko avait été interpellé « au siège de la Commission européenne (à Libreville) à la demande » de l’UE, où il a été arrêté par des agents de la police judiciaire, précise la note. Une information confirmée par le ministre de la communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

Le siège du parti de Jean Ping également attaqué

Le siège du principal parti d’opposition a par ailleurs été attaqué dans la nuit de mercredi à jeudi par « des individus non identifiés qui ont jeté deux cocktails molotov sur le bâtiment », selon l’entourage de Jean Ping, qui conteste toujours la réélection de M. Bongo.

« Nous avons porté plainte », a indiqué à l’AFP son porte-parole, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi.

Cette série d’incidents, qui n’ont fait aucune victime, intervient à quelques jours de l’arrivée, mardi, d’une mission de la CPI dans le cadre de l’examen préliminaire des plaintes déposées par le gouvernement, le camp de M. Ping et 15 ONG à la suite des violences post-électorales meurtrières de septembre 2016.

« Une équipe du bureau du procureur visitera le Gabon du 20 au 22 juin, une pratique standard de visite du pays dans le cadre de l’examen préliminaire. Aucune enquête n’a été ouverte pour l’instant », a indiqué vendredi le bureau du Procureur de la CPI.

Vignikpo Akpéné