Guinée-Equatoriale : ouverture du procès Teodorin Obiang sur les «biens mal acquis»

Guinée-Equatoriale : ouverture du procès Teodorin Obiang sur les «biens mal acquis»

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Paris (© 2017 Afriquinfos) – C’est ce lundi 2 janvier, que s’ouvre le premier procès dans l’affaire dite  des biens mal acquis devant le Tribunal correctionnel de Paris.

Le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang est poursuivi pour détournement de fonds publics et corruption. Teodorin Obiang Nguema, vice-président de son pays, est accusé de s’être bâti un important patrimoine en France en détournant l’argent public de son pays.

L’affaire des biens mal acquis est née en 2007, lorsque l’organisation CCFD-Terre Solidaire publie un rapport explosif dans lequel elle liste les avoirs présumés, détournés par plus de 30 dirigeants de pays en développement ou par leurs proches.

En mars, les associations Sherpa, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora déposent une  plainte devant le procureur contre les familles dirigeantes de l’Angola, du Burkina, du Congo-Brazzaville, de la Guinée équatoriale et du Gabon, mais le parquet dépend du ministère de la Justice classe l’affaire. De leurs côtés, les associations estiment qu’il s’agit d’une manœuvre politique. La France ne veut pas mettre en cause ses partenaires africains.

En 2008, Sherpa et Transparency International changent de tactique et se constituent parties civiles. Sous-entendu : elles estiment avoir subi un préjudice. Les ONG veulent que l’affaire soit désormais gérée par un juge d’instruction, censé être indépendant. L’enjeu est de savoir si elles sont compétentes pour déposer une plainte en matière de corruption. L’affaire va jusqu’en Cour de cassation.

En novembre 2010, pour la première fois, les juges estiment qu’une association luttant contre la corruption peut faire une action en justice au nom de cette lutte.

Depuis, Teodorin Obiang a multiplié les actions pour échapper à la justice française, invoquant son statut de vice-président du pays et l’immunité qui en découle. Il s’est même tourné vers la Cour pénale internationale, arguant que ses biens en France relevaient du « patrimoine diplomatique » de son pays. La décision ne sera rendue que dans plusieurs mois. Sauf que c’est à titre personnel qu’il est accusé de s’être constitué son patrimoine.

Les biens de Teodorin Obiang

Agé de 47 ans, Teodorin Obiang dispose d’un hôtel particulier de 4 000 mètres carrés dans le XVIe arrondissement de Paris avec robinets couverts de feuilles d’or et une collection de quelque 17 voitures de luxe. « On est très loin des locaux d’une ambassade, souligne Me William Bourdon. On est plutôt dans un lieu, certains disent de « débauche ». »

D’après les réquisitions du parquet français, 110 millions d’euros sont venus créditer le compte de Teodorin Obiang, en provenance du Trésor public équatorien entre 2004 et 2011.

Quant à sa défense, son avocat, Me Emmanuel Marsigny, argue que sa fortune a été acquise tout à fait légalement. Et il soutient que la justice française n’a pas qualité à agir et dénonce une « ingérence ».

Alors Teodorin Obiang devra répondre d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. Mais il y a très peu de chance pour que Teodorin Obiang se présente physiquement à l’audience.

Innocente Nice