Kenya: Pourquoi la fermeture du camp de Dadaab divise profondément les Kényans

Kenya: Pourquoi la fermeture du camp de Dadaab divise profondément les Kényans

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«La fermeture de ce camp va mettre en danger et entraîner la persécution de réfugiés et demandeurs d’asile, s’ils sont renvoyés de force sans une évaluation correcte de leur sécurité» dénoncent les plaignants.

Qualifiée d’«anticonstitutionnelle», la dissolution du DRA a «des conséquences négatives et d’une portée considérable sur les droits et libertés fondamentaux de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile (…) car cela les prive de ressources vitales qui leur sont offertes par ce département», selon la KNCHR. Selon la commission toujours, cette fermeture violerait «divers instruments légaux nationaux, régionaux et internationaux protégeant les réfugiés». Situé près de la frontière avec la Somalie, Dadaab, accueille 350.000 personnes, pour la plupart des Somaliens qui fuient leur pays déchiré depuis plus de 20 ans par la guerre civile.

Le gouvernement kényan avait affirmé le 6 mai qu’il cesserait d’accueillir des réfugiés somaliens et fermerait le camp de Dadaab dans le but de protéger les «intérêts de sécurité nationale». Il avait ensuite précisé vouloir fermer le camp «au plus tard au mois de novembre 2016».

Défense d’une position

Sans fournir aucune preuve, le Gouvernement kényan affirme que c’est à Dadaab qu’avaient été planifiées les attaques très meurtrières des islamistes somaliens shebab contre le Centre commercial Westgate à Nairobi, en 2013, et contre l’université de Garissa (nord-est du Kenya), en 2015.

Alors que le gouvernement ne cesse de répéter qu’il mettra ses plans à exécution, des voix du monde humanitaire ou universitaire se sont aussi élevées pour contester le projet et mettre en doute sa faisabilité, tant logistique que juridique.

Pour leur part, les experts estiment qu‘à l’heure où l’attention humanitaire se porte surtout sur la crise migratoire en Europe, et où le Kenya est mécontent de la lenteur des rapatriements volontaires vers la Somalie prévus par un accord signé en 2013, l’annonce est un moyen pour Nairobi de se repositionner dans l’agenda international.

Innocente NICE