Erythrée : Le gouvernement d’Asmara suspecté par l’ONU pour crimes contre l’humanité

Erythrée : Le gouvernement d’Asmara suspecté par l’ONU pour crimes contre l’humanité

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© AFP/Archives Marco Longari. Un soldat ethiopien en faction dans le nord du pays prsè de la frontière avec l'Erythrée"/>

Un Rapport de 500 pages  exprime le système tortionnaire que pratique le régime d’Issayas. Publié ce lundi par 3 experts mandatés par l’Organisation des Nations Unies  après   12 mois d’investigations, le rapport accablant sur l’Erythrée traduit les arrestations arbitraires, l’esclavage, les violences sexuelles, les tueries, et enlèvements dont sont victimes de nombreuses personnes.

 Les experts précisent que ces violences sont bien évidemment commises au vu et au su du gouvernement érythréen. «La Commission a établi que des violations systématiques, et à grandes échelles  des Droits de l’Homme ont été commises en Erythrée sous l’autorité du gouvernement. Certains pourraient constituer des crimes contre l’Humanité», ont-ils affirmé. Ils ont  dit  en addition que «ces violences interviennent à une échelle rarement constatée».

De pareilles violences sont la cause d’un exode massif en Erythrée. Cette situation pousse plusieurs centaines de milliers d’Erythréens  à fuir le pays tout en s’exposant à de nombreux risques et dangers  d’être des cibles aux trafiquants d’hommes, plus précisément dans le Sinaï.

 L’enquête révèle qu’à la première moitié de  l’année 2014, le Haut commissariat aux refugiés de l’ONU estimait  le  nombre de refugiés érythréens à 360.000 dispersés dans le monde. Presque 5.000 Erythréens fuient le pays à, chaque mois dans le but d’échapper à de pareils traitements. Il est à noter qu’après les Syriens, ces derniers sont les 2èmes en classement à se lancer dans les désastreuses traversées méditerranéennes. Des traversées désastreuses au cours des quelles ils sont souvent victimes des prises en otage.

Cette étude onusienne indique qu’Issayas a installé un ‘’système de surveillance de masse’’ à son arrivée au pouvoir. Une méthode suivant laquelle les membres d’une même famille doivent livrer des informations les uns sur les autres.

Il exigeait également ‘’le service militaire national‘’ pendant une durée de 18 mois et plus. Les actes de violences sexuelles, de détentions arbitraires sont  monnaies courantes.

 Suite à ce rapport accablant, l’Erythrée refuse de s’adonner à toute collaboration avec les enquêteurs. «Malgré le fait que la Commission a cherché  la coopération entière du gouvernement, érythréen et a demandé à avoir accès au pays et aux données d’informations, elle n’a reçu aucune réponse», ont déclaré les experts.

 Innocente Nice