Le dialogue politique reste bloqué au Mozambique à l’approche des élections

Le dialogue politique reste bloqué au Mozambique à l’approche des élections

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C'est la Renamo qui a insisté pour faire venir des observateurs étrangers. Le gouvernement a accepté cette proposition mais a fait valoir que plutôt que de se contenter de surveiller une simple trêve, les observateurs devraient aussi superviser le désarmement et la démobilisation des forces de la Renamo.

Toutefois, la Renamo ne montrera aucun signe de démobilisation tant qu'elle ne se verra pas accorder la moitié des postes à responsabilité au sein de l'armée et de la police.

Le chef de la Renamo a suscité de nouveaux espoirs mardi en promettant, lors d'un appel téléphonique passé depuis sa retraite dans les montagnes de Gorongosa dans le centre du pays, que les délégations chargées des négociations allaient parvenir très prochainement à un accord permettant de surmonter les problèmes qui faisaient jusqu'ici obstacle au dialogue.

 "Nous sommes des démocrates et nous sommes prêts à en finir avec tout ceci", a déclaré M. Dhlakama, qui a ajouté que d'ici une semaine les deux parties seraient parvenues à un consensus sur les questions militaires actuellement débattues.

 Depuis mai dernier, les hommes armés de l'ancien mouvement rebelle ont tendu une série d'embuscades aux forces gouvernementales et aux civils, faisant des dizaines de morts et de blessés.   Mais certains analystes avancent que la Renamo n'est pas la seule à pointer du doigt pour la reprise des combats. Le pays connaît des tensions depuis quelques temps surtout en raison des processus inachevés de construction d'un environnement de confiance entre la Renamo et le gouvernement.

Le besoin d'un dialogue authentique et permanent a été exprimé à de nombreuses reprises par différents cercles politiques à diverses occasions, y compris avant et après les émeutes de la faim dans la capitale mozambicaine en septembre 2011, mais il semble qu'ils n'aient jamais été pris en considération par le parti au pouvoir et son gouvernement.

La société est de nouveau polarisée, les citoyens devant choisir de quel côté ils se positionnent.

 Il est vrai que personne n'approuve la récente action menée par Renamo, mais son désarmement n'a jamais été une priorité après les seize années de guerre civile, et il n'a pas réussi à se transformer en un vrai parti politique. C'est pourquoi, la Renamo utilise toujours la force militaire pour que ses demandes soient prises en considération.

Le problème est que lors des négociations de l'accord de paix de Rome de 1992, Renamo était convaincu qu'il allait remporter les premières élections multipartites générales en 1994 et n'a donc pas accordé beaucoup d'attention aux aspects économiques pendant les négociations avec le gouvernement.

 La situation s'est empirée après les élections générales de 2004 quand la porte du dialogue avec la Renamo s'est pratiquement fermée.

 Le problème s'est accentué quand on a découvert du gaz et que l' exploration et les exportations de charbon ont commencé.

La Renamo a voulu une part du gâteau et l'ancien mouvement rebelle a compris qu'il pouvait utiliser l'instabilité pour obliger le gouvernement à partager les gains du gaz offshore.

 Il semble qu'il n'y a pas de doutes à ce sujet, et cette rassurance a été donnée par la Renamo ce mardi à l'issue d'une réunion de son conseil national où M. Dhlakama a été élu à l'unanimité comme le candidat de la Renamo à la présidence, même en son absence.

 Mais la grande question est de savoir comment M. Dhlakama va lancer sa campagne électorale car il prétend que le gouvernement veut l'assassiner.

 Le porte-parole de M. Dhlakama, Antonio Muchanga, a affirmé lors d'une interview accordée à la station de radio "Voice of America", que la zone de Gorongosa où vit M. Dhlakama est en état de siège. Cela signifie que M. Dhlakama est incapable de mener sa campagne électorale, et M. Muchanga a dit que cela remet en question la participation de la Renamo aux élections.

Le gouvernement a rassuré à plusieurs reprises que les élections auront lieu comme prévues, mais les analystes à Maputo sont incertains si ces élections seront tenues dans un environnement paisible.

 En ce qui concerne l'élection présidentielle, le candidat du Frelimo, l'ancien ministre de la Défense Filipe Nyusi, et le candidat du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), Davis Simango, ont déjà déclaré leur candidature.

M. Dhlakama s'est inscrit avec une brigade mobile d'inscription des électeurs dans le district de Gorongosa au début de mai et les responsables de la Renamo disent qu'ils ont recueilli des signatures nécessaires en faveur de M. Dhlakama.

 Les candidats à la présidence doivent fournir au moins 10.000 signatures d'appui des électeurs inscrits, toutes authentifiées par un notaire.

 Les prochains jours seront cruciaux pour la situation au Mozambique en particulier à la lumière de la dernière déclaration de M.  Dhlakama. Mais avant tout, il est essentiel que la stabilité politique soit maintenue afin que le pays continue d'attirer les investissements étrangers directs qui favoriseront le développement social et infrastructurel.