Mauritanie : Des anciens esclaves manifestent pour réclamer leurs droits

Mauritanie : Des anciens esclaves manifestent pour réclamer leurs droits

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 La marche a été initiée par le Comité de suivi du "Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines".

 Les marcheurs ont parcouru plusieurs artères de Nouakchott, arborant des banderoles dénonçant la pratique de l'esclavage et le retard économique et social caractérisant les milieux d'anciens esclaves.

 "Nous voulons une enquête sur le phénomène de l'esclavage". "La terre appartient à celui qui la travaille", "Non à l'exclusion continue", "Jusqu' à quand l’impunité des coupables de délit d’esclavage", pouvait-on lire sur les banderoles.

Des partis politiques et autres organisations de la société civile ont pris part à cette marche qui s'est déroulée sans incident.

Au cours du meeting qui a mis fin à la marche, le président du Conseil national du manifeste des Haratines, Mohamed Said Ould Homody, a souligné que cette manifestation "marque un tournant décisif dans l'histoire de la société mauritanienne". Il a également rappelé que le manifeste proclamé le 29 avril 2013, a réussi à traiter de manière modérée et sans complaisance, le problème épineux des Haratines qui se pose de façon récurrente".

 "Le manifeste met en place le fondement d'une Mauritanie nouvelle", a-t-il souligné avant de préciser qu'il constitue "la pierre angulaire d'une nouvelle ère permettant l'édification d'une Nation unifiée, égalitaire et réconciliée avec elle-même".

La marche a été boycottée par deux importants mouvements de la  mouvance "harratine" : l'Initiative de la Résurgence Abolitionniste (IRA) de Biram Ould Abeid et le Parti de l'Alliance populaire progressiste(APP) de l'ancien président de l'Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir. La question de l'esclavage en Mauritanie reste un problème social réel. Mais, selon la thèse officielle, le phénomène n'existe que sous forme de séquelles qu’il convient d’éradiquer à travers des programmes de développement spécifiques mis en place dans les zones les plus pauvres du pays.

En 2013, le gouvernement mauritanien a créé une agence dite "Tadamoune" (solidarité) pour éradiquer les séquelles de l'esclavage. La législation mauritanienne incrimine toute pratique esclavagiste et en punit l'apologie.