Les négociations CAE-UE pourraient se conclure d’ici au mois de mai selon...

Les négociations CAE-UE pourraient se conclure d’ici au mois de mai selon le Kenya

SHARE

Le secrétaire principal des Affaires étrangères Karanja Kibicho a déclaré aux journalistes à Nairobi que le nombre de sujets litigieux au sein de l'Accord de partenariat économique (APE) avait été réduit à trois.

"Par conséquent, la CAE est optimiste sur le fait qu'un accord pourra être atteint d'ici la fin du mois prochain", a déclaré M. Kibicho lors d'un forum commercial de la région des Grands Lacs.

Cet événement d'une journée a réuni plus de 100 participants pour définir des stratégies en vue de renforcer les exportations du Kenya dans la région des Grands Lacs. Le Parlement de l'UE a fixé à octobre la date limite pour la conclusion d'un accord.

La position de la CAE est que l'UE devrait éliminer ses subventions à l'exportation sur les produits agricoles, a-t-il dit.

"Si ces produits reçoivent un accès sans droit de douane à nos marchés, cela pourrait affecter négativement nos producteurs agricoles", a déclaré M. Karanja.

"Toutefois, si l'UE continue de soutenir son secteur agricole par des subventions, la CAE doit être autorisée à imposer des droits de douane à l'importation sur ces produits", a déclaré M. Kibicho.

L'autre sujet litigieux est le recours de la CAE à des taxes pour décourager l'exportation de matières premières.

"Il s'agit d'un effort délibéré pour encourager la création de valeur ajoutée sur nos matières premières avant de les exporter", a-t-il dit. L'une des raisons pour laquelle la région connaît un taux de chômage élevé tient à son manque d'activité industrielle.

Ce sommet survient alors que les négociations entre la CAE et l' UE en vue d'un Accord de partenariat économique (APE) à part entière ont enregistré des progrès considérables et semblent proches d'une conclusion.

La région de l'EAC a une véritable opportunité de profiter des bienfaits d'un APE et d'assurer un accès sans droits de douane pour toutes les exportations kenyanes aux quelque 500 millions de consommateurs du marché européen.

L'APE pourrait apporter à ce pays d'Afrique de l'Est des opportunités de recettes commerciales, d'emploi et de pénétration du marché de l'Union européenne.

Le Kenya bénéficie d'un accès privilégié au marché de l'UE depuis 38 ans grâce aux quatre conventions de Lomé signées successivement entre 1975 et 2000.

L'intention de cet accord est de reproduire les conditions commerciales dont bénéficient les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique depuis 1959.

L'UE et la CAE doivent encore trouver un accord sur l'inclusion de questions non commerciales dans les négociations commerciales.

"La position de la CAE est que l'APE devrait se concentrer exclusivement sur les questions commerciales", a déclaré le responsable kenyan.

L'UE propose d' inclure des accords sur les droits humains, la corruption et d'autres questions dans l' accord commercial.

"Nous pensons que ces questions ont déjà été traitées avec d'autres canaux et les conventions internationales", a-t-il dit.

Ken Vitisia Grand, directeur du Bureau de la région des Grands Lacs, du ministère kenyan des Affaires étrangères, a indiqué que le marché européen absorbait plus de 50% des exportations du Kenya il y a plus de deux décennies.

"Toutefois, le volume des échanges représente désormais moins de 20% en raison de l'émergence d'autres partenaires commerciaux de l'Afrique ainsi que la Chine et l'Inde", a-t-il dit.

Phillis Wakiaga, responsable de la politique de l'Association des fabriquants du Kenya, a indiqué pour sa part que le commerce entre le Kenya et l'Afrique continuera à se développer en raison de la croissance rapide de la population de la région.

"Le continent dispose de nombreuses ressources naturelles et divers besoins sociaux et économiques qui sont encore à exploiter", a déclaré Wakiaga.

"Nos économies deviennent progressivement intégrées et interdépendantes et cela se manifeste clairement à travers les relations commerciales en expansion", a-t-elle déclaré.