JO-2012 : Montée en puissance du sport africain

JO-2012 : Montée en puissance du sport africain

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Exploits brillants en athlétisme et natation

En athlétisme, son point fort, l'Afrique conserve une suprématie incontestée. Depuis 1988, dans les courses de fond et de demi-fond, domaines traditionnels du continent, les Africains ont obtenu la moitié des médailles d'or ; en 2000 à Sydney, ils n'ont raté que deux médailles d'or, et en 2008 à Beijing, ils ont même remporté neuf des dix médailles d'or.

A Londres, le 3 août, au cours de la première journée des épreuves d'athlétisme, l'Ethiopienne Tirunesh Dibaba, déjà double championne olympique du 10 000 m et du 5 000 m à Beijing, est devenue la première athlète à conserver le titre olympique du 10 000 m. Les Kenyanes Sally Kipyego et Vivian Cheruiyot ont respectivement remporté l'argent et le bronze.

Deux jours plus tard, l'Ethiopienne Tiki Gelana a remporté le marathon dames en battant le record olympique, et le 10 août, sa compatriote Meseret Defar est devenue championne olympique du 5000 m. En 3000 m steeple, le Kenyan Ezekiel Kemboi, double champion du monde, a remporté la médaille d'or, devenant le huitième champion olympique consécutif du Kenya.

Lors de la dernière journée, dans la dernière épreuve d'athlétisme de la quinzaine olympique, l'Ougandais Stephen Kiprotich a remporté le marathon messieurs des JO, suivi par les Kenyans Abel Kirui et Wilson Kipsang Kiprotich.

Les JO de Londres marquent également le grand retour de l'Afrique dans la natation. Le Sud-Africain Cameron van den Burgh a brillé au 100 m brasse en battant le record mondial, et son compatriote Chad Le Clos s'est imposé au 200 m papillon, en détrônant l'Américain Michael Phelps, double tenant du titre et grand favori avant la compétition.
Investissements lourds dans le sport

Derrière ces résultats brillants, on devine que les pays africains ont beaucoup investi dans le sport. L'Ouganda a en effet envoyé ses athlètes dans des centres de formation en Grande-Bretagne ; les athlètes nigérians ont eu la chance d'être formés aux Etats-Unis ; l'Afrique du Sud a investi massivement dans la natation, et le Kenya a profité des investissements étrangers pour mettre en place un centre de formation athlétique. Ces mesures sont de fait étroitement liés à l'essor économique des pays africains.

Selon la presse kenyane, le gouvernement kenyan offre en outre un million de shillings (11 700 dollars) à chaque médaillé d'or, 600 000 shillings à un médaillé d'argent, et 300 000 shillings pour le bronze. Selon l'agence de presse sud-africaine, une médaille d'or vaudra quant à elle 2 à 4 millions de rands (de 250 000 à 500 000 dollars) en Afrique du Sud.

Cependant, l'instabilité politique et économique dans certains pays, le manque de soutien financier, l'absence de véritable politique sportive, ainsi qu'une fuite des meilleurs éléments vers l'étranger, sont autant de facteurs qui bloquent non seulement le développement du continent africain, mais constituent également une entrave pour le sport africain.

Cela étant, il reste indéniable que les pays africains tendent de plus en plus à prêter une attention toute particulière à la promotion des activités sportives, et ce en dépit d'innombrables difficultés d'ordre financier. Grâce à leurs efforts inlassables, de belles perspectives vont, à n'en pas douter, s'ouvrir au développement futur du sport africain.